jeudi 18 juin 2009

Circulez ! Y a plus rien à voir !

On ferme !




Après 380 messages publiés depuis décembre 2006, je suis au grand regret de décevoir la foule innombrable de mes fans qui se délectaient de mes billets et qui devront désormais vivre leur morne quotidien sans moi.



Je suis en train de clore ce blog, et de récupérer tout ce que j'y ai laissé, ça va me prendre encore quelques jours.



Ça m'a amusée un moment, et ça ne m'amuse plus, voilà le pourquoi du comment.





C'est tout.




dimanche 7 juin 2009

Nostalgie


Dans les trésors que je garde précieusement d'une vie hélas trop lointaine qui fut la mienne se trouve ce cadeau dessiné par un des mes trois gaillards, je ne sais plus lequel, ni à quelle date.



Les trois nuages bleus dans le ciel rose ne sont pas menaçants, non, ils représentent les occupations et préoccupations de la vaillante pilote du bateau qu'ils accompagnent dans sa croisière sur une mer d'huile.

Et à propos de mères et de leur fête, pour compléter ma collection de chausses bloguées, l'autre capitaine du bateau m'a offert ça, ne pouvant résister à leur couleur m'a-t-il dit :




samedi 6 juin 2009

C'est la mode


Cette année le gris est à la mode et vous avez certainement toutes acheté pour une occasion ou une autre une tenue de cette non-couleur - comme l'appelle ma Cécile qui aime la mode (pourquoi pas, on a toute liberté en amour, même si la mode c'est plutôt du genre contraignant)

Et donc cet été, la mer du Nord est à la mode, comme le prouve cette photo prise pas plus tard que tout à l'heure (c'est intelligent comme formule) après le moule-frites qui suit le cinéma du samedi soir à Dunkerque. (c'était Antichirst, le film, il nous a fallu respirer un peu après la projection de cette oeuvre qui interpelle comme on dit).

(Un gris qui s'harmonise assez bien avec les événements passés il y a 65 ans sur une plage un peu plus au sud de celle-ci.)




Donc inutile de se précipiter sur la côte d'Azur ou d'Emeraude ou de Granit Rose, la couleur mode cette année, c'est le gris de la mer du Nord. Qu'on se le dise.


jeudi 4 juin 2009

Comment se faire des sous ?


Avant que de fermer la porte de ce blog qui se traînaille et se languit, j'aimerais avoir quelques conseils quant à son utilisation pour me faire des sous.

Que je vous explique.

Les statistiques du blog me disent par quel moyen les lecteurs (mais on ne me donne pas leur adresse) sont arrivés là. Soit ils ont cliqué sur mon lien qu'ils ont trouvé quelque part, soit ils ont googlé quelque chose et sont arrivés ici.

Or tous les jours j'ai des visites de personnes qui ont transité par les mots "Pères d' Ypres", tout ça parce qu'un jour j'ai expliqué à quoi pouvaient servir ces bons pères consolateurs des affligés désespérés. Et si vous essayez de googler "pères d'ypres", vous verrez qu'il n'y a que moi qui en parle. Étrange. mais enfin un service à ça se monnaye, je devrais pouvoir en tirer quelque chose, non ? Bon d'accord, ce n'est pas moral de profiter de la misère d'autrui (mais entre nous, c'est un peu le pourquoi du comment de l'existence de ces religieux) Cependant, l'exclusivité ça a son prix, je vaux mon pesant de pesettes avec mes renseignements uniques - quoique, mes renseignements ne sont probablement pas ceux qu'on attend dans ce cas.

Entre nous, c'est quand même assez inquiétant de voir autant de crédulité, et c'est assez déprimant de penser que tous ces braves gens souffrent et n'ont pas d'autre solution que de se rabattre à Ypres chez les Pères du même nom.

Enfin, peut-être qu'ils souffrent, mais en tout cas ils ont un ordinateur et internet. Ça peut consoler.


mardi 26 mai 2009

La clouc clouque


Je veux dire que tout est dans l'ordre des choses. Une clouc, c'est fait pour clouquer.

Cela faisait déjà un moment qu'elle s'était mise à clouquer. Elle faisait un "clouc clouc clouc" assez agressif (du genre : foutez-moi la paix et dégagez des lieux) , au lieu du "kwôôt kwôôôtt kwôôôt" plutôt cool de sa consoeur ordinaire (du genre : ah qu'il fait bon vivre ici au soleil).

Mais qu'est-ce donc qu'une clouc ? se demandent les non flamingants.

Si vous googlez "clouc", vous ne trouverez rien d'intéressant. Il vaut mieux googler "kloek". Et là, vous trouverez deux définitions : d"une part c'est un adjectif flamand qui veut dire "fort, robuste, vaillant", et d'autre part, c'est un nom, le nom de la poule qui est forte, robuste, vaillante et qui n'hésite pas à se poser sur son nid pour clouquer, pardon, kloeken, pendant trois semaines je crois, pour que ses oeufs (et ceux des copines) deviennent des poussins.



Rendez-vous donc le 18 Juin pour l'appel des poussins.

Ça me rappelle maman qui nous racontait l'humiliation quand son instit avait demandé à la classe : "Qui peut me dire comment on appelle une poule qui couve ?" Et maman, très fière, de lever son doigt :"Une clouc!"

Oh honte, toute la classe s'esclaffe. C'était "une couveuse" en français....Ah bon, a dû se dire maman toute rouge, je ne parle pas le français ? Mais qu'est-ce donc ce langage qu'on m'a appris ? Du pas-français ?

Et personne n'est au rendez-vous pour expliquer le comment du pourquoi aux petites filles qui ont honte, ni pour glorifier comme on le fait de nos jours une langue ancestrale qui finalement se perd dans l'uniformisation - on dit globalization - maintenant qu'une seule langue est universelle, mais c'est pas la nôtre !

Peut-être est-ce à cause de ce souvenir cuisant que maman m'a sacrifié une clouc, le jour où je suis revenue en pleurant du berck où j'étais allée ramasser les oeufs et où j'avais eu affaire à une grosse clouc noire qui défendait âprement son bien : "Ouin ouin, la clouc, elle m'a peckée..."Elle est passée à la casserole le lendemain.

Ceci dit et pour conclure, "grosse clouc", c'est un vocable qui n'est pas vraiment flatteur quand il s'adresse à une personne de la gent féminine...quelqu'un, ou plutôt quelqu'une, de pas trop rapide ni trop nerveux, aussi bien physiquement que mentalement.


jeudi 14 mai 2009

Comme des dominos...


... qui tombent en cascade, il arrive qu'un malheur en entraîne un autre, puis un autre, puis un autre, dans une série de catastrophes qui paraît sans fin. Parfois le destin semble vous poursuivre inexorablement.

C'est l'impression que j'ai eue ce matin en constatant que ma carte bancaire n'était pas acceptée par la caisse du supermarché où je me présentais avec un caddie tout rempli, alors que j'étais fière d'avoir shunté la queue et gagné le combat de qui serait la première à la caisse qui vient de s'ouvrir.

- Vous n'avez pas un autre moyen de paiement ? que me demande la caissière après plusieurs essais infructueux.

- Non, que je lui réponds - je mens parce que j'ai un carnet de chèques dans mon sac, mais je pense aux 18,50 euros que la banque vient de me retirer pour les frais annuels afférents à ladite carte. Non mais des fois, si je dois payer pour cette carte, normalement elle doit marcher.

- Essayez une autre caisse.

Que dalle, la voisine ne marche pas non plus.

Bon tant pis, je fulmine et je sors le carnet de chèques.

Je sens le rouge de la rage et de la honte me monter au front, et ailleurs aussi, et je déclare bien fort que je viens de chercher un relevé bancaire et mon compte est bien approvisionné ; pas de problème. Le problème c'est pas moi, c'est eux.

Et je veux poser une réclamation au magasin. Où c'est qu'on peut envoyer ses réclamations ?

- Prenez une feuille de papier, vous la remplissez et vous la mettez là dans l'urne là derrière le comptoir.

L'urne là? Mais elle a une contenance d'un mètre cube et elle ressemble à une poubelle vide. Tant pis - un deuxième tant pis de dépit. A la grâce de Dieu. Je récrimine sur le papier tout mon saoul, du genre que comme je suis une cliente TRÈS fidèle, ils ont intérêt à me faire des excuses vite fait bien fait et en bonne et due forme et que cela ne se reproduise plus non mais des fois.

Ouf ! Un tout petit peu soulagée. Faut que j'aille aussi à la banque leur dire leur compte - si je puis dire.

Mince, ma clef de voiture ? Je fouille mon sac, mon beau nouveau sac, celui qui va avec les escarpins de l'autre jour, inconfortables-mais-élégants. Je vide tout. sur le comptoir de l'accueil pour personnes qui veulent récriminer. Makasch wallou. Rien, pas de clef dans le sac. Ni dans mes poches que je vide aussi sur le comptoir : ma liste de courses écrite sur une vieille enveloppe, comme d'hab, mon téléphone, des mouchoirs en papier et des chewing- gums qui remplacent les cigarettes de naguère.

- Vous avez peut-être oublié votre clef près de la caisse ? la deuxième caisse, me suggère la dame de l'accueil pour gens acariâtres.

J'y cours : et oui, elle y est. ouf.

- Et comment que vous le saviez, que je blague, que c'était à la deuxième caisse et pas à la première?

- Parce que je vous ai vue prête à partir avec votre carte en main , qu'elle répond un peu estomaquée - elle a pas compris que jeplaisantais - je blague souvent trop sec.

La cliente que j'ai shuntée dans la queue me regarde d'un air narquois. Je l'ignore superbement. Enfin, j'essaye.

Je téléphone à mon conjoint :

- Puisqu'il y a longtemps que je t'ai quitté, je t'appelle..

- Ça va, arrête tes conneries, je travaille, qu'est ce qu'il y a ?

(c'est fou ce que l'amour dit romantique l'est nettement moins après quelques décennies de mariage) (je re-blague)

- Eh bien, je me demandais si je dois prendre de l'essence ; il reste la moitié du réservoir, mais est-ce que c'est ton tour de prendre la voiture ce soir pour la répète du choeur régional à Lille ?

- Ouais, ce serait sympa. A tt'à l'heure.

Test : la carte bancaire va-t-elle marcher à la pompe à essence ? Oui. merci la banque, c'est pas elle la coupable, c'est le magasin. Enfin, je crois, faudra quand même que je vérifie.

Trêve de plaisanterie. Il est 11h 15 et ma poule n'est toujours pas au pot, alors qu'à 10h en faisant la queue à la poissonnerie, je me suis rappelée que j'avais décidé bouillon de poule pour ce midi - vous savez, la poule familière qui bouffait les oeufs de ses copines et qui attendait froidement dans le congélateur son tour d'être mangée. Elle était assez vieille - non Cécile, pas de sensiblerie inutile, oui elle était chez nous depuis quelques années. Donc, elle va être coriace, il faut la cuire un certain laps de temps. Le mari qui travaille à 2h va être pressé. La poule sera-t-elle cuite à temps ? Suspense.

Ah que d'aventures. N'est-ce pas étonnant qu'on en vienne à devenir un peu nerveuse à force ?
Décidément, faut que je fasse un tour à Ypres, chez les bons pères...

lundi 11 mai 2009

Ambivalence


Il y a des gens qui ne peuvent vivre (et faire vivre les autres) que bien rangés dans des boîtes, des catégories définies une fois pour toutes.

Dans ce monde manichéen vous serez blanc ou noir - pas de demi-mesure, pas de demi-teinte : c'est reposant de n'avoir pas à trouver de nuance.

Pourtant le compositeur de l'oeuvre qu'autrefois ma frangine et moi on massacrait joyeusement au piano à quatre mains titrait "Poète ET Paysan", il ne titrait pas "Poète OU Paysan" : on peut être les deux à la fois - en l'occurrence il se trouve qu'il vaut mieux posséder les deux qualités, de même que l'on peut développer de multiples facettes de la personnalité. Autrement la vie serait bien monotone et on serait un pion ou un numéro interchangeable du Meilleur des mondes de Aldous Huxley. Il est préférable d'être indéfinissable et d'éviter de définir les gens dans des définitions définitives. C'est étouffant.

On a le droit de porter habituellement des bottes confortables


et les troquer parfois pour d'élégants mocassins inconfortables




On peut manier la plume et la bêche.

On peut aimer le champagne et le Schweppes.

On peut être mère et amante.

On peut être casanier et aventurier.

On peut être vieux et jeune.

On peut on peut on peut.... rêver et avoir les pieds sur terre ( dans les bottes)



lundi 27 avril 2009

Sans commentaire

Enfin, presque....

C'est une photo prise à la Charité-sur-Loire (Bourgogne), une ville du livre, où il y a plein de belles phrases écrites sur les murs.



Moi je n'emploie jamais de mots nouveaux, je n'en connais pas, mais je ne me figure pas non plus que je pense.

mardi 21 avril 2009

C'est Susan


Je ne sais pas pourquoi hier je me suis trompée et j'ai parlé de Rosa Machin, alors qu'en réalité, il s'agit de Susan Bidule.

Pourquoi cette erreur ? Probablement elle a une tête à s'appeler Rosa. Mais c'est logique, Rosa ce n'est pas trop British, tandis que Susan, ma foi, c'est tout ce qu'il y a de plus commun là-haut. Je ne lui voulais sans doute pas un destin ordinaire, à cette brave femme qui a effectivement plus un air de Susan que de Rosa la rose quand on y regarde d'un peu plus près.

Il fallait que je me dépêche de corriger cette erreur impardonnable, l'actualité court et déjà on n'en parle presque plus.

Ah bon ? On n'en a jamais vraiment parlé dans les journaux sérieux ? Faut que je change le niveau de mes lectures trop tabloïdales même si elles sont essentiellement internautiques. Les tabloïds ça existe aussi sur Internet, ça peut prendre même l'essentiel de la place si on n'est pas vigilant.


lundi 20 avril 2009

Rosa Machin


Ils sont terribles, ces Anglo-Saxons, ils ont besoin d'émotions fortes complètement fabriquées. Enfin, pas trop fortes, il ne peut s'agir de trop de violence, juste un petit peu de bons sentiments et une tonne de guimauve qui fond dans un océan de sirop gluant.


A propos - non pas à propos, mais au fait - j'ai lu ou entendu quelque part que les films américains censurent les images quand le sexe est trop hard : on verra donc une scène d'amour torride où la nana porte encore son soutif, tandis que le langage cru ne les choque pas mais par contre sera censuré en France où les images peuvent être assez libertines. Étonnant, non ?


Donc la Rosa Truc en question, si vous n'en avez pas entendu parler, y a un you-tube fabriqué de toutes pièces, où on montre la presque quinquagénaire pas trop sexy arriver sur scène dans une émission-concours genre Star Ac et se faire mettre en boîte par des sourires moqueurs entendus et, tiens c'est bizarre - qui n'échappent pas à la caméra bien au contraire. On voit et on revoit un gros plan sur des super nénettes spectatrices (ou concurrentes ?) qui ont l'air hilare, jusqu'au moment où Rosa se met à chanter (avec une sono qui amplifie les effets de réverbération) Et là, miracle : la caméra grosplanne comme par hasard sur les visages précédents qui se changent en oh my god j'y crois pas, I can't believe it, qu'est-ce qu'elle chante bien, you have the voice of an angel etc Je me demande combien de fois ils ont dû filmer la scène pour que tous les comédiens soient au point.


Et vlan ! Tous les A-S de la terre tombent dans le panneau : et que j' te fais un blog par ci et un forum par là, tout dégoulinants de bons sentiments comme quoi l'habit fait pas la chanteuse, il faut pas se moquer de sa prochaine, on a tous des qualités, et qu'est-ce que c'est que cette civilisation du paraître etc etc


A pleurer.


Non pas pleurer sur soi de self-congratulation qu'est-ce que j'suis bon, comme savent le faire à démesure les Outre-altantiquois et un peu moins les Angliches ; mais pleurer de désespoir tellement c'est lamentable de voir tant de monde se faire b... (censure) dans le piège du truqué.


dimanche 19 avril 2009

Les poules


Il y a poule et poule.

Les joies de la campagne et de l'élevage font que l'on découvre parfois que les oeufs qui devraient normalement être au nombre de 4 ou 5 chaque jour dans le nid posé dans le poulailler à cette intention (en réalité une vieille caisse à savon en bois d'avant-guerre - et je ne sais pas de quelle guerre il s'agit, c'est de la récup ) les dits oeufs sont parfois carrément absents par un miracle inexpliqué. Jusqu'au jour où l'on découvre la fautive : c'est la vieille poule rousse qui mange les oeufs presque sitôt pondus de ses copines.

Qu'à cela ne tienne : on sacrifiera l 'ancienne sur l'autel de l'omelette sacrée ( de préférence omelette au lard fumé de chez Vieren)

Et au moment de plumer la coupable condamnée à mort et au congélateur en attendant d'être l'héroïne d'un bouillon gras, on en vient à philosopher sur les plaisirs champêtres tout en déplorant l'odeur assez infecte de peau de poule mouillée - la sotte suicidaire ayant été plongée dans l'eau bouillante pour faciliter son déshabillage final.

- Si tu ne supportes pas cette odeur, me dit le copropriétaire des lieux, on n'a qu'à tout vendre et s'installer à la ville.

- Attends ! Ce n'est pas parce qu'on habite à la campagne qu'on est obligé d'avoir des poules et de les tuer et les plumer. On peut les laisser mourir de vieillesse comme le chien qui a rendu l'âme la semaine dernière, et acheter de la poule toute plumée et vidée au supermarché. Par exemple Monsieur le Comte vit à la campagne et il ne plume certainement pas de poules lui .

( "Monsieur le Comte" habite au village voisin où la population servile aime le nommer ainsi. Eh oui, le respect un peu craintif du nobliau campagnard a survécu à la Révolution d'il y a 220 ans. )

- Monsieur le Comte ne plume pas de poules, peut-être que ce sont les poules qui le plument. Ah ah ah.


mardi 7 avril 2009

Explosion


C'est toujours inattendu, ça vous surprend toujours, alors qu'il n'y a rien de plus normal que le cours des saisons et le cycle sans fin de la végétation qui ne peut être interrompu.

Un beau matin, ou plutôt plusieurs beaux matins de suite, vous reniflez quelque chose de différent qui se prépare insidieusement. Les arbres sont moins noirs, le ciel est moins gris, l'atmosphère est plus lumineuse.

Et puis POUF ça explose.



Dans les haies vives, les prunelliers sont en fleurs.

Le printemps est de retour. Il ne vous l'avait pas dit. Vous n'étiez pas prévenu. Vous n'y croyiez qu'à moitié. Vous n'y pensiez plus. Eh bien, si, il vous oblige à revivre et à ressusciter en vous l'urgence d'écouter tous les désirs enfouis bien au chaud durant l'hiver.




Les camélias ne seront pas pour une Traviata qui se mourrait romantiquement - si je puis dire - de consomption et d'amour. Ce n'est pas le moment de se laisser aller. Il y a encore plein de choses à faire au jardin.

vendredi 3 avril 2009

Demi-saison

C'est ainsi qu'on appelait (encore maintenant ?) les pardessus ou popelines ou imperméables de ces messieurs qui remplaçaient le manteau d'hiver avant le simple complet- veston de l'été.

La foire agricole des Rameaux de Bergues marquait le changement de tenue et les filles (on disait les jeunes filles à l'époque) souvent grelottaient dans leur tailleur de printemps dans l'espoir que les garçons ne seraient pas seulement attirés par l'exposition de tracteurs ou la parade des vaches laitières.

Le vent du Nord maintenait le beau temps mais il rafraîchissait la température, et quand le poêle de la cuisine était définitivement éteint, la transition était rude, même si le début des beaux jours s'annonçait par un bouquet éphémère de fleurs des champs cueilli sur le chemin de retour de l'école.

dimanche 29 mars 2009

Errance



Au cours de mes pérégrinations hivernales, il m’est arrivé un soir de me retrouver soudain cinquante ans en arrière.

J’étais harassée après une journée de marche. Cette année-là l’hiver n’en finissait pas d’étirer ses journées lumineuses de gel mordant, ce qui rendait mes cheminements si agréables que je ne me rendais pas compte du nombre de kilomètres avalés.

La nuit allait tomber, il me fallait songer à trouver un gîte. Je faisais toujours confiance à ma bonne étoile et jamais je ne réservais un lieu où passer la nuit. D’ailleurs, dans le sac que je portais sur le dos, il y avait le minimum vital, et le téléphone mobile n’en faisait pas partie.

Soudain, elle était là, la chaumière de mon enfance, avec son petit jardin devant la maison, et l’allée de buis qui menait à la porte . Les volets peints d’un rouge et d’un vert éclatants semblaient incongrus sur la chaux blanche des murs. Ces couleurs criardes étaient comme un défi aux conditions climatiques qui pouvaient être assez moroses dans cette région, j’étais bien placée pour le savoir, c’était le pays de mon enfance, mes Flandres natales.

Et cette chaumière qui, à vrai dire, avait perdu son chaume remplacé par des pannes orangées, était sans conteste celle des vieux Ovide et Zélie qui y avaient toujours vécu, j’en étais sûre. Je me revoyais enfant, traversant presque chaque jour la pâture pour aller rendre visite à ce couple bienveillant au sourire absent sur le visage buriné par le travail de la terre.

Etais-je enfin arrivée au port ? Comme je n’empruntais que les petits chemins vicinaux, il m’arrivait de marcher des journées entières sans voir un seul nom de lieu. La dernière indication que j’avais vue le matin était un lieudit appelé le Klaepe Houck – le coin où l’on bavarde, en quelque sorte l’ancêtre des sites de chat internautique. De là j’avais aperçu se dessiner au lointain le Blauwhuys, la maison bleue, le manoir en ruine, terrain de jeux de mes 10 ans.

Et ici, ce numéro 31 d’une rue sans nom devait abriter désormais des chemineaux de mon espèce, en quête d’un endroit où se poser une nuit ou deux.

La dame qui m’ouvrit la porte avait les cheveux courts et gris, mais son visage rond et rose et ses yeux bleus étaient ceux d’une Flamande qui avait été blonde autrefois. Plus tard dans la soirée, son mari me dit qu’il avait hérité de la maison à la mort de sa grand-mère Zélie.

Je lui demandai si les gueules-de-loup du jardin étaient encore là.

- Oui, me dit-il, leurs descendants probablement.

vendredi 27 mars 2009

Le saviez-vous ?


Quand on taille les framboisiers, on s'aperçoit que chaque nouveau pied prend racine à partir d'une branche morte ; une branche sèche qui a fini de produire mais qui sert en quelque sorte de tuteur au nouvel arrivant, ou plutôt aux nouveaux arrivants, car les rejetons sont souvent plusieurs. Les jeunes pousses enlacent la vieille branche qui les aide à se tenir droit et à bien commencer dans la vie. Alors on peut la supprimer : elle a fini de jouer son rôle et elle ne pourrait qu'encombrer la vie nouvelle.

mercredi 25 mars 2009

Je suis sur une diète

... (pour traduire littéralement du flamand) , et même sur plusieurs diètes. Autrement dit, je suis au(x) régime(s), ou je suis plusieurs régimes.

C'est tellement contraignant qu'il vaut mieux annoncer ce qui m'est permis plutôt que d'énumérer ce qui m'est interdit.

Mais au total ou au finish, quand je contemple dans mon assiette du soir les limandes grillées accompagnées de riz avec de la sauce vin blanc- échalotes, ou bien dans mon assiette du midi le boeuf bourguignon qui nage au milieu de pâtes fraîches, et que je grignote comme dessert des biscottes sans sel, certes, mais beurrées et agrémentées de gelée maison cassis-groseille, ma foi, je trouve que j'ai bien de la chance d'être aux régimes et de devoir ainsi rivaliser d'imagination pour me concocter des petits plats bien succulents.

Et puis, comme on nous disait toujours dans notre enfance :"Pense aux petits Chinois qui n'ont rien à manger." C'était censé nous consoler de nos petits malheurs sans importance, mais j'ai toujours trouvé que ça aggravait la situation en me rendant encore plus déprimée.

Je ne sais pas pourquoi "les petits Chinois" étaient le modèle de la famine, peut-être à cause de Mao, ou parce que de toute façon ils habitaient trop loin et qu'on ne pouvait pas grand-chose pour eux, c'était bien pratique. Il y a eu ensuite les Biafrais. Puis c'est l'Ethiopie qui a été à la mode, si je puis dire. Ou le Niger.

Ça passe, on oublie, on est peinards devant son assiette, et on s'efforce de parer aux petits désagréments de santé ou de garder la ligne.

lundi 23 mars 2009

Des lieux et des livres

Par contre les violettes sont en retard cette année. Je les soupçonne d'avoir été cuites par un gel matinal alors qu'elles s'apprêtaient à fleurir.

Pourquoi "par contre" ? Parce que les jonquilles sont déjà toutes épanouies et les narcisses aussi.


La pelouse s'est inspirée des jardins des béguinages brugeois et hollandais, en un peu moins sauvage cependant.

Les daffodils sont une de mes fleurs préférées depuis très longtemps, après la lecture de je ne sais quel roman anglais quand j'étais adolescente. Je pense qu'il s'agit de Quelle était verte ma vallée de Richard Llewellyn.

C'est fou ce que les livres ont une influence sur les goûts. Tout au moins pour des gens de ma génération. En visitant la Norvège, j'ai voulu emprunter un chemin dit de Peer Gynt ou aller voir le Kon Tiki en vrai de vrai, le radeau qui a traversé l'Atlantique avec Thor Heyerdahl. Ou en Grande-Bretagne je voulais voir le village des soeurs Brontë, mais quand on voyage en groupe, il faut suivre les désirs de chacun, et je n'ai pas pu aller cueillir de la bruyère dans ces landes hantées par Heathcliff. Et que dire des ruines romaines de Tipasa en Algérie célébrées dans le Noces de Camus ?

Par contre, (pour finir comme j'ai commencé), la Bretagne m'a permis récemment de voir le tombeau de Chateaubriand face à l'océan.


Et la Bourgogne, Milly, le lieu de prédilection de Lamartine.




Quelle importance? Aucune justement, rien qu'un plaisir subtil et très fort qui vous accompagne à jamais comme une madeleine de Proust...

mercredi 18 mars 2009

Quand la naïveté tourne à la bêtise...


Décidément, j'aurais bien dû aller voir les bons pères d'Ypres : la poisse me poursuit.

Je dois dire que je suis quand même un peu responsable du destin qui s'acharne contre moi. Car même si le gars que j'ai croisé d'un peu trop près dans une rue étroite de Cassel ce matin a cassé mon rétro avec le sien, j'avais qu'à premièrement m'arrêter pour le laisser passer, ce jeune homme pressé, même si c'était moi qui avais la priorité puisque c'était lui qui doublait une file de voitures en stationnement. Mais bon, j'étais dans une humeur du genre : non mais dites donc, qu'est-ce qu'il me fait cet enfoiré ? C'est à moi de passer, c'est ma rue, c'est mon chemin, il a qu'à se garer. Au lieu de cool Raoul m'arrêter, laisser jeunesse se passer et attendre tranquillement.

Première erreur. La deuxième, elle est de taille, à vous se donner des baffes, c'est que - fatiguée d'avance d'avoir à faire toutes ces tracasseries de constat - je commence mollement à remplir mon papier. Il y met ses nom, adresse et téléphone et me dit que finalement il va venir chez moi pour le faire proprement sur un formulaire propre, j'ai qu'à l'appeler, il travaille l'après-midi seulement etc. OK. Il avait l'air tellement de bonne composition, il ne s'était pas enfui, il reconnaissait ses torts, son assurance paierait disait-il.

Son assurance, mon c... Le nom qu'il m'avait donné n'existait pas dans le village où il était censé habiter, ni d'ailleurs dans tout l'annuaire de la région, l'adresse qu'il m'avait donnée n'existait pas m'a dit la secrétaire de mairie du bled, et le numéro de téléphone était faux.

B...... avec un grand B que j'étais .

L'idiot du village à qui il ressemblait, en fait c'était pas lui, c'était moi l'idiote du village qui n'a même pas relevé le numéro de sa voiture. Sa voiture? Quoi comme voiture ? J'en sais rien, une petite beige, moi je n'y connais rien aux voitures.


mardi 17 mars 2009

Une semaine ordinaire d'autrefois


Outre les tâches habituelles et quotidiennes,

le lundi, on brosse et on range les habits du dimanche et on cire les chaussures. C'est aussi le jour de la lessive : on fait bouillir le blanc qui va blanchir à la lune la nuit sur la pelouse.

le mardi, deuxième jour de lessive : on lave le blanc et le reste... et on met le tout à sécher sur la pelouse ou dans le grenier s'il pleut.

le mercredi, on repasse. On reçoit Monsieur le curé, parfois.

le jeudi, on reprise. On va aux enterrements, parfois.

le vendredi, on wassingue les chambres, on retourne les matelas de laine, on intervertit le drap du dessus avec celui du dessous une semaine sur deux, mais pas si on est en période de moisson : là on change les deux draps.

le samedi, c'est le bain et la cuisine pour le lendemain ; par exemple on plume les volailles dans la véranda et on fait un petit feu de paille sur la cour pour brûler la peau et les picots qui restent.


mercredi 11 mars 2009

Heurs et malheurs de la vie moderne


C'est pas solide, les nouvelles voitures. Que du plastique. Au moindre choc, PAF, ça explose et tout se désintègre.

Et vous voilà avec un engin presque bon pour la casse. Le nez de travers, la gueule en coin, des trucs qui traînent par terre sur l'autoroute et qui font belingue belingue quand on roule.

Enfin, c'est réparable vous dit-on, mais il faudra une dizaine de jours, alors que, pendant ce temps-là :

- rendez-vous impératif chez l'ophtalmo et l'anesthésiste

- enterrement du père de la copine


- réunion hyper importante pour le plan local d'urbanisme de la commune (mais là c'est trois kilomètres et demi possibles à pied ou en vélo)


Mais heu-reu-se-ment y a findus findus ! Zing da zing ! (non, j'ai pas bu, le week-end est fini). Ou plutôt y a l'aut' titine, la vieille, celle qui a plus de 400,000 dans les pattes.

Comme quoi, les vieilles, ça peut encore servir.

samedi 7 mars 2009

Ecologie domestique


Le tri sélectif auto-administré nous conduit à distribuer les déchets dans 10 poubelles à destination spécifique :

1) le chien

2) les poules

3) les oies

4) le fumier

5) le feu de cheminée

6) le feu dans le jardin

7) le verre (à conduire au village)

8) la déchetterie (à 4 kilomètres)

9) les emballages recyclables (ramassage hebdomadaire)

10) tout le reste (ramassage hebdomadaire)

les deux derniers nous étant facturés 217 euros l'année, soit environ 2 euros le sac.

Peut-être j'en oublie ?

mercredi 4 mars 2009

Les voyages forment la ...

Partout où nous allons, nous aimons utiliser notre mètre-étalon mesureur des prix qui se pratiquent trop souvent de manière éhontée, dans les sites touristiques en particulier.


Mais qu'est-ce donc que notre étalon mesureur des prix ? Vous pouvez le voir ici :




Eh oui ! Le moules-frites. Et la mesure de base pour la nourriture de base est celle qui se pratique usuellement sur la digue de Malo-les-Bains, soit autour de 10 euros. Disons 12 ou 13 dans le resto près du cinéma de Saint-Omer.


On peut aller jusque 23 euros dans des villes hyper fréquentées comme Bruges ou Gand. Le moins cher qu'on avait vu jusqu'à présent, c'était sur la grand-place d' Arras : 9 euros.


Mais la semaine dernière au cours de nos pérégrinations bretonnes, nous avons trouvé nettement mieux. Est-ce l'effet de la Crise avec un grand C qui casse les prix et pousse le client morose à consommer ? Il va falloir faire une vérification à la ville-source de nos informations. Toujours est-il que même dans les endroits les plus touristiques (forcément, c'est là qu'on est allés) le moules-frites faisait généralement dans le moins de 10.

On a même vu : 8,50 avec une verre de... QUOI ??? UN MOULES-FRITES AVEC UN VERRE DE VIN ? Non mais, ça va pas ! C'est donc bien vrai, tout s'effondre, les vraies valeurs et tout le reste avec. C'est bien la crise.

Mais on ne s'est pas laissés avoir sur ce coup-là, comme la photo le prouve.


lundi 2 mars 2009

Une brasseuse sachant brasser dans son brassin


C’est étonnant qu’ils aient choisi une femme, moi, Joséphine Vercruysse, brasseuse, dans ce monde si masculin, pour couper le cordon.

D’ordinaire le cordon que coupe une femme, c'est celui qui relie encore son enfant nouveau-né à ses entrailles fraîchement ouvertes. Et pour ce qui est de son ventre de brasseur, le ventre d’une brasseuse qui coupe le cordon ombilical n'était pas vraiment rempli de bière avant la délivrance !

Choisie pour couper le ruban d’honneur qui va ouvrir une foire in- ter- na- tio- nale de bière artisanale ! Passe encore en temps de guerre, quand il faut bien remplacer les hommes partis au front. Mais une femme en temps de paix qui a opté pour ce destin masculin ?

Oui d’accord, c’est ma faute si on me regarde aujourd’hui d’un œil bleu de flamand suspicieux . Pourquoi me suis-je fourvoyée dans cet univers machiste ? Comment ai-je osé prendre la succession de papa, il y a déjà quarante ans de cela, à une époque où la place de la femme était au foyer, près du feu qui nourrit son petit monde, pas le feu qui chauffe le four d’une fabrique de bière ?

Il faut dire qu’à ma naissance, Papa a été déçu de ne pas avoir un premier-né au lieu d’une première-née qui a d'ailleurs été la dernière née, ou la seule née. Cela, combiné avec la mort en couches de maman que je n’ai donc jamais connue, a été terrible pour lui. Mais nous avons, lui et moi, vécu en symbiose jusqu’à sa mort, il y a déjà dix ans de cela. Je n’aurai pas aimé d’autre homme que lui, et je n’aurai pas d’autre enfant que ma production artisanale reconnue maintenant bien au delà des limites du canton.

Lentement j’ai pu faire mon chemin personnel, améliorer en qualité et quantité la production de notre bière familiale qui était, il faut bien le dire, un genre de batteuse-bier à 2° plutôt qu'un cru apprécié même outre-quiévrain. Pour la fabrication, il m'a fallu remplacer l’eau de la Penne becque, devenue polluée par les pesticides et engrais divers, par l’eau courante dont on a pu disposer dans les années cinquante, une eau plus fiable, l’eau de Houle comme on disait par ici, puisque le forage qui nous la procurait se trouvait dans cette ville de Houle du département voisin, où l’on fabrique d'ailleurs aussi un autre liquide alcoolique réputé...

Que de longues nuits d’angoisse à me demander si je n’étais pas en train de consacrer tous mes efforts à un échec magistral dans une vie sans lendemain qui chante ! A me consumer en fariboles, à lutter seule contre les spectres insaisissables des rumeurs, des commérages et des superstitions !

Aujourd’hui c’est donc la consécration. A vrai dire, je me suis fait piéger par mon comptable. L’animal m’a présenté la chose si judicieusement qu’il a emporté mon assentiment en un tour de main. Un coup de poignet magistral !

La foule se presse. Hourra ! Le cordon est coupé, la fête peut commencer. Je vais me retirer . A quatre-vingts ans passé, ce n’est plus de mon âge de jouer les Madelons de foires, fussent-elles in-ter-na-tio-nales !

(Récit écrit en Juin dernier pour la foire internationale de bière artisanale de Sainte-Marie Cappel)





samedi 28 février 2009

Le mépris


Dans le film de Godart, le mépris est la relation qui unit - si je puis dire -les deux éléments d'un couple qui se sépare à cause de ce sentiment éprouvé l'un pour l'autre. BB y incarne un sex-symbol et elle croit que son scénariste de mari Piccoli veut en jouer pour qu'elle lui obtienne les grâces d'un producteur de cinéma.


(statue de Bardot au Brésil)


Parallèlement au synopsis du film, Godart a éprouvé le même sentiment de mépris, mais cette fois vis à vis des producteurs américains qui exigeaient de lui plus de scènes de cul. Alors il leur fait passer un message par la bouche de son actrice qui demande :"Et mes fesses ? .Tu les aimes mes fesses ? Et mes cuisses ? Tu les aimes ? " Message peut-être un peu trop subtil, qu'on est tenté de prendre au premier degré. Mais on a tort. Godard destinait le message aux producteurs qui n'entendaient rien à son art et ne voulaient que du rentable, du produit qui fait vendre.

L'héroïne est supposée avoir besoin du regard des autres, une exhibitionniste née, tandis que les voyeurs y trouvent leur compte. La relation voyeurisme/ exhibitionnisme peut se teinter elle aussi de mépris des deux côtés.

Mépris de l'autre, mais aussi mépris de soi-même.

Destructeur, dans tous les cas.


jeudi 26 février 2009

La femme moderne

Je souviens avoir commenté avec mes élèves , il y a 30 ans de cela, un texte de presque science-fiction dans lequel on voyait la ménagère du futur avec son ordinateur dans sa cuisine, machine qu'elle consultait pour vérifier l'état de ses provisions ou suivre une recette.


Cela semblait aussi incroyable et improbable que lorsqu'on avait vu en cours de sciences 15 ans auparavant ( 30+15 = il y a 45 ans de cela, soit vers les années 60-65), donc on avait vu qu'il était possible de surgeler les aliments, et ainsi la viande était aussi dure que de la pierre. Ce qui paraissait à l'époque drôle et surréaliste est entré dans les moeurs très vite ensuite, peut-être deux ou trois ans après.


Eh bien oui. Dans ma cuisine antique s'est immiscé un ordinateur aux commandes duquel une femme moderne et pleine d'inventivité


a réalisé, grâce à lui, un plat aussi original que charmant, pour une circonstance familiale assez évidente à deviner.


mercredi 25 février 2009

20 centimes

C'est le montant de l'amende à payer en cas de manquement au contrat établi entre conjoints, à savoir obligation d'éviter les propos négatifs, entre autres les médisances et calomnies émises sur autrui, quel que soit l'autrui et dût-il ou non les mériter .


La caisse ainsi alimentée servira à financer un voyage. Je sais, c'est idiot, ça pousse à rompre le contrat le plus possible d'un côté, mais ça montre bien que les voyages peuvent être synonymes de corvée d'un autre.


Au petit dîner entre amis de l'autre soir, la cloche n'a pas cessé de sonner les avertissements de glissade vers des sujets à exclure normalement de la conversation, et la caisse noire virtuelle s'est remplie à la vitesse V.


Le pire c'est de penser que nous-mêmes nous sommes forcément ( ne rêvons pas) les sujets de conversations négatives identiques en d'autres lieux et d'autres temps avec d'autres protagonistes (ou les mêmes mais dans d'autres circonstances).


Revenant à mes moutons personnels, j'hésite encore quant à la destination du voyage possible après trois jours. Avec une intervention négative par demi-heure de veille, soit 32 par jour disons, ça nous fait 6 euros 40 par jour, multiplié par 3 égale 19,20. De quoi aller à la ducasse à Bissezeele, pas beaucoup mieux.






vendredi 20 février 2009

Questions fondamentales


Et est-ce qu'il y a des fleurs vertes ?

Et pourquoi on a des os ?

Et comment qu'on fait pour avoir des yeux rouges de colère ?

Et est-ce qu'on peut faire un accident si on roule sur l'herbe ?

Et pourquoi on doit dormir ?

Et ça veut dire quoi rassurer ?

Et ça veut dire quoi avoir peur ?

Et est-ce qu'il y a pas un petit peu de z oeufs dans le camembert ?

Et est-ce que ça existe en vrai les châteaux et les princesses ?

Et est-ce que le dromadaire il a une bosse parce qu'il s'est cogné ?


mardi 17 février 2009

Ces charmantes têtes blondes

"Dis Mamie, t'as pas un déguisement de grand-mère, pour que je joue au Chaperon rouge ?"

dimanche 15 février 2009

Divers sports

Non, on n'a plus 20 ans. Enfin, je.

Et pourquoi donc certains sports sont-ils décrétés être d'hiver ? Parce qu'il leur faut de la neige, à ces sports, pour sûr. Soit.

La neige la neige la neige.

Ensuite le principe c'est de glisser dessus. Avec des skis. Sur une pente plus ou moins pentue. On commence par des pistes noires quand on est jeune et encore plein d'énergie et de défis qu'on se lance à soi-même. Puis on vieillit et on ose encore les rouges. Puis les bleues. Puis les chemins verts, plutôt réservés au ski de fond.


Et puis on se retrouve avec des raquettes aux pieds. Pas pour glisser. Pour ne pas glisser. Pour marcher.


Mais c'est pas grave, l'essentiel est encore là : la magie de la neige.

mardi 3 février 2009

La banquise

C'était lors du fameux hiver 1962-1963 (mon dieu, ça ne nous rajeunit pas!) . A Dunkerque, la mer du Nord était prise dans les glaces sur quelques centaines de mètres. Impressionnant.


Tous les midis, la promenade digestive du pensionnat nous amenait en rangs d'oignons désordonnés jusque la plage où l'on pouvait s'ébattre non pas dans le sable comme à l'ordinaire, mais sur la glace de la banquise. Eh oui ! la banquise chez nous ! Incroyable mais vrai.

Ça a été un hiver rude, qui a duré duré duré. Le matin on n'était pas sûr que le bus nous prendrait au bord de la Nationale. Parfois on l'attendait des heures et il ne passait finalement pas. On rentrait alors à la ferme, un peu dépités. Je me souviens d'avoir passé des après-midi assise au soleil dans la neige derrière une haie pour tenter d'avoir le bronzage de celles des condisciples qui pouvaient aller aux sports d'hiver ( ça ne marchait pas)

Un bel hiver. Un peu comme celui de cette année, lumineux à souhait.

jeudi 29 janvier 2009

Je sors de mon trou

C'est toujours une aventure extra-ordinaire : l'ordinaire me voit confinée dans mon antre où je suis protégée de toute agression extérieure - sauf si je me branche sur Internet ( je grimpe sur la plus haute branche de l'arbre Internet pour voir un peu ce qui se passe là-bas dans les contrées lointaines et exotiques du monde).

Aller à la ville pour consulter est donc un périple aussi périlleux que celui qu'accomplissait un patient du docteur Knock vivant à la campagne au début du siècle dernier.

Sauf que moi, ce n'est pas à cheval et voiture (comme disait maman pour qui c'était le cas quand elle était enfant) que je me rends à la ville, mais en Toyotte.

Je déteste conduire sur l'autoroute, même si on la dit plus sûre que n'importe quelle départementale à l'air bonasse.

Sur l'autoroute, il vous arrive par derrière des bolides effrayants et par devant des poids lourds qu'il faut doubler sous la pluie sans aucune visibilité. Pris au piège où on ne contrôle rien, et en plus, pas de paysage à admirer.

Mais aujourd'hui le temps (clair) et l'heure (11h du matin) me sont favorables et en trois quarts d'heure, j'arrive sans encombre à la ville, ayant mis ce jour-là, pour être plus agile....

J'aurai simplement coupé la route un peu hardiment à un véhicule dont je me demande après coup s'il n'a pas fini au fossé derrière moi, et à l'arrivée je me suis garée sur un trottoir, mais c'était la seule place disponible. Ça me rappelle l'Algérie où pour faire mon marché, je me garais toujours en stationnement interdit et je m'étonnais de ce que les flics s'évertuent à me coller des procès puisqu'ils devaient bien savoir à la fin que je me mettais toujours là. On peut être de mauvaise composition, c'est pas croyable....

Tant qu'à faire, à l'issue de ma consultation, puisque j'ai réussi à sortir, je vais faire le plein de vêtements divers. Et d'hiver, pour les sports du même nom.
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lundi 26 janvier 2009

Journal pas très intime

Un blog en est un en quelque sorte, de journal, à moins qu'il ne soit orienté vers telle ou telle spécificité, auquel cas la voix qui s'exprime est assez neutre, je veux dire dépourvue d 'émotion, et les confidences en sont absentes.


Mais il est vrai que l'on trouve pas mal de blog journal, où les confidences sur les états d'âme, les bobos divers font florès. C'est le vieux dialogue entre moi qui écris à moi sur mon petit carnet à couverture plastifiée noire que je cache sous mon oreiller, ça me soulage. Et puis je me relis avec délectation. Ou bien je le mets en ligne pour les copines et les copains. C'est encore et toujours le vieux père Narcisse à l'oeuvre. Ma visite chez le gynéco, la dose de prozac que je change, mon amoureux qui me quitte, mes chats qui sont fidèles eux etc (quand je dis JE c'est pas moi, bien sûr, je déteste les chats)
Ou encore, mais peut-être pas forcément mieux, l'état d'âme du monde et mes two cents sur la crise, les hommes politiques et leurs potes et potesses.


jeudi 22 janvier 2009

God bless America


Que la couleur vert grenouille des gants et des chaussures de la First Lady nous semble suivre davantage avec l'hélicoptère qui a emporté Bush vers d'autres horizons qu'avec le jaune moutarde de sa robe de cérémonie n'est qu'un détail sans importance, juste bon à illustrer l'arrogance de ces Français ingrats toujours prompts à critiquer leurs anciens sauveurs qu'ils envient amèrement, c'est sûr. Après tout, les goûts et les couleurs, ça se discute. Comme le disait Pascal :"Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà." L'Atlantique, c'est comme les Pyrénées.

Mais que tout ce cérémonial d'investiture soit encadré à son début par un sermon de pasteur ultra conservateur et une bénédiction par un autre pasteur à la fin - sans compter l'ultime God bless America, le serment sur la bible et les invocations à Dieu du président dans son discours - en est un autre de détail, moins anodin dans une démocratie qui prône la séparation de l'Eglise et de l'Etat (mais tout dépend comment on comprend les textes - c'est comme la mode vestimentaire, selon le goût de chacun : après tout leur liberté chérie illustrée par notre statue va jusque là, dans l'interprétation des amendements de la constitution)

Tout ce qu'on peut espérer, c'est que ces voeux pieux de résurrection soient entendus et que la crise venant d'outre-Altantique et qui n'a pas encore fini hélas de sévir dans nos chaumières disparaisse plus vite qu'elle n'aura mis de temps à s'étendre au monde entier.

Amen.

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mercredi 21 janvier 2009

Thermostat

C'est un truc qui régularise la température.

Mais celui du corps humain ne fonctionne pas toujours bien.

Alors le froid peut traverser la peau et s'installer dans la chair, juste avant les os. Et pas moyen de se réchauffer.

Il y a deux solutions idéales pour résoudre le problème : un bain très chaud avec des mots croisés et un thé. Ou une couverture chauffante dans le lit, avec des mots croisés et un thé.

Là j'hésite, mais il est encore un peu tôt pour se coucher. Plus très jeune, certes, mais pas à ce point-là.

lundi 19 janvier 2009

Des chiffres

50... convives à la réunion de famille annuelle (sur 103)

46... arrière-petits-enfants dans la famille à ce jour dont

27... filles venant de

27... petits-enfants dont

16...filles

7... semaines l'âge du plus jeune convive du repas annuel

3...nouveaux bébés arrivants (connus)
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mercredi 14 janvier 2009

Il y a des jours...


...où tout va mal.

On doit aller chercher le carrelage commandé il y a trois semaines et enfin arrivé au magasin qui se trouve près de Saint-Omer.

Il fait du brouillard. (ça n'a pas changé depuis hier)

La vieille titine à laquelle on peut atteler la remorque a un phare qui éclaire le ciel.

On charge les 500 kilos de carrelage dans la remorque.

Quand c'est fait : ouf, mais non, un pneu de la remorque est à plat. Damned.

On se trouve dans un désert de zone artisanale, c'est à dire qu'il y a des hangars horribles un peu partout dans un non man's land sinistre, mais pas de magasin, on est sortis de la civilisation, quoi.

L'homme de la maison quitte le radeau perdu en Mer de la Désolation pour aller chercher du secours (à Euromaster, un endroit où on répare les pneus, à 200 mètres de là qui disent sur un panneau, mais j'ai des doutes quant à la distance indiquée, les pubs sont toujours trop optimistes)

La femme de la maison s'installe dans la titine et écoute France Info. (Les Israéliens n'en ont apparemment rien à cirer des recommandations internationales)

Soudain. Le soleil se lève derrière les lambeaux de brume. (Oui je sais, on ne met pas de point après soudain, mais c'est pour faire encore plus choc)

Dans le brouillard s'en vont un paysan cagneux et son boeuf ... (ah non, ça c'est Apollinaire)

Dans le brouillard surgit un cavalier (ah non, ça c'est Zorro, et y a pas de brouillard dans les contrées lointaines où Zorro habite)

Dans le brouillard surgit une camionnette (c'est moins poétique mais en l'occurrence c'est plus pratique)

Une camionnette conduite par un homme qui va venir tout arranger, auprès de qui se trouve l'homme de la maison tout souriant d'avoir dégoté l'homme de la situation.

Et miracle des miracles. Dans la camionnette il y a un compresseur (?) et l'homme de la situation regonfle le pneu. Et c'est tout.

Il ne demande pas un sou mais il aura quand même son dimanche - ou ses étrennes, c'est de saison.

Il y a des jours où...tout va bien. Vous trouvez pile poil un type sympa qui vous rend service en souriant quand vous êtes dans une situation désespérée. Le bonheur.


mardi 13 janvier 2009

Ouille !


Hélas, le bel hiver lumineux s'en est allé, nous laissant dans notre état habituel de climat tempéré océanique à hiver doux et pluvieux .

Donc

Il pleuvouille

Il crachouille

Il grisouille

Il brouillardouille

Il brumouille

Ça mouille

Du temps pour boire une bistouille

Aller à la pêche à la grenouille

C'est la merdouille


dimanche 11 janvier 2009

Médisance ou calomnie

Ce monde est impitoyable, pensai-je lorsque je découvris en sortant de chez le coiffeur où j'étais allée me faire une belle beauté


que quelqu'un avait piqué le boutje - comment ça s'appelle? l'embout ? du levier de vitesse de ma titine pendant mon absence, en profitant de ce que les portes ne ferment pas toutes bien.


En effet, rien qu'à voir l'aspect extérieur de mon véhicule qui affiche 334.719 kilomètres au compteur, on sait bien que je n'appartiens pas à la classe des bourgeois qui roulent en Mercedes... Où est la solidarité de classe ? Pourquoi un pauvre vient-il voler un autre pauvre ?


Et de continuer à ruminer en rentrant tant bien que mal à la maison où, après exploration un peu plus minutieuse du plancher, je note....


Ah mince ! ce n'était pas de la médisance envers les pauvres de mon espèce, c'était carrément de la calomnie.

samedi 10 janvier 2009

Si Bergues est encore à la mode...


Hier son beffroi s'est paré de ses plus beaux atours, pour parler comme dans un cliché - cliché que j'ai pris l'après-midi.... Un peu flou peut-être...

vendredi 9 janvier 2009

Hiver n'est pas un vilain

Ou bien alors, un vilain c'est très beau. Comme le givre qui recouvre les moindres brindilles en ce matin glorieux.

jeudi 8 janvier 2009

Bulletin météo politique


Quand le prince Charles d'Orléans se plaint des conditions météorologiques hivernales au XVème siècle, il compare l'hiver à un vilain :

Hiver vous n'êtes qu'un vilain



Il faut prendre le mot "vilain" au sens qu'il avait alors, c'est à dire "paysan", donc supposé rustre et mal élevé. Pour l'auteur, c 'est ce qui convenait le mieux pour exprimer son extrême déplaisir devant un tel inconfort.


Été est plaisant et gentil

Le "gentil" qui s'applique à l'été a aussi un sens encore assez proche de son étymologie de "noble, bien né".

Tout ceci laisse quand même rêveur quant aux qualités intrinsèques qui étaient censées accompagner l'état de naissance. Vous êtes un vilain, un paysan, votre existence même est insupportable ; vous êtes gentil, noble, vous êtes paré de toutes les qualités.

Mais vous, Hiver, trop êtes plein

De neige, vent, pluie et grésil;

On vous doit bannir en exil.

En sa qualité de prince, Charles mettrait bien en exil ceux qui lui déplaisent, mais c'est compter sans l'inexorable cycle des saisons sur lequel il n'a pas de pouvoir.

Il y a quand même une justice.

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mercredi 7 janvier 2009

Econome ou avare ?

Quand on veut gagner du temps et du matériau en essuyant ses lunettes en un endroit destiné à d'autres occupations, il faut veiller en sortant à ne pas laisser de trace apparente du petit nettoyage fait en secret...

mardi 6 janvier 2009

Déliquescence et réserve de jouvence


La tête tourne quand on se lève le matin. Mais ça ne dure pas, grâce au ciel - ou grâce à personne.

Les doigts et les jambes ne répondent plus toujours très bien aux ordres qu'on voudrait leur donner. Mais quand ils s'y décident, ils ne chôment pas.

L'oeil droit n'en fait qu'à sa tête, c'est-à-dire qu'il n'en fait pas grand-chose de bon, on pourrait tout aussi bien l'arracher. Mais le gauche fonctionne à merveille - avec des lunettes quand même.

L'esprit vif-argent est devenu celui d'une vieille lionne empâtée. Les mots ne viennent plus sur commande ou même avant qu'on les ait demandés. (le langage précède la pensée - euh...précédait) Il faut donc user de longues périphrases fatigantes, du genre, quand un simple mot aussi bête que "casserole" ne vous vient pas aux lèvres, le désigner alors par "la chose cylindrique qu'on met sur le feu pour cuire des trucs dedans." Eh bien, cela permet de faire fonctionner toutes les finesses de la langue.

Bref, tout cela demande de la patience.

La vie n'est pas encore un long fleuve tranquille - si tant est qu'elle le soit jamais.

Le but est de bien vivre jusqu'à ne plus vivre. Ce sera un travail de longue haleine.


lundi 5 janvier 2009

J5 (de 365)


Les grandes résolutions du petit matin embrumé du premier de l'an seraient-elles déjà en train de se faner et devenir obsolètes à peine formulées après même pas cinq jours d'existence ? N'étaient-elles que serments d'ivrognes ?

Tous les jours une heure de musique ? Oui mais j'ai les doigts trop gourds ce matin et ma voix est encore éraillée des excès réveillonesques.

Tous les jours une heure d'exercice physique à l'extérieur ? Oui mais il fait trop froid aujourd'hui, on caille.

Tous les jours un peu de ménage ? Après tout, la maison n'est pas très sale, j'ai wassingué la cuisine hier, c'est déjà pas mal.

Tous les jours une page d'écriture ? Oh la la, pas d'inspiration aujourd'hui. On verra demain.

Tous les jours de l'année une entente conjugale extraordinaire sans disputes ?


Santé !


samedi 3 janvier 2009

Rêve


Je dois me rendre à la cérémonie de voeux au village mais je me retrouve en haut du mont, laissant derrière moi mari et enfant qui me rejoindront plus tard.

Me voilà perdue, je prends une route au hasard, la plus facile, tout en sachant que ce n'est probablement la pas la bonne. Elle descend, pas de problème.

Mais me voilà arrivée dans un village qui n'est pas sur la bonne route, j'en suis sûre ; pour plus de sûreté je demande mon chemin - vers la ville cette fois - à deux donzelles au bord du chemin qui me le confirment et me disent de prendre la première à droite.

Très vite, cette route s'avère être en travaux, elle court dans la campagne isolée. puis monte un chemin très caillouteux et très désert.

Soudain un bulldozer, un engin de travaux. La route monte et s'arrête à un sommet. Je la suis, la suis. De l'autre côté de la pente : rien, quasiment le vide.

Je demande ma route au conducteur de l'engin , il me dit que c'est encore assez loin. Jamais je n'arriverai à temps et pourtant c'est impératif, IL FAUT que j'arrive à l'heure.

Il m'invite à monter dans son engin, mais bien vite me dit que, désolé, je dois descendre, il n'a pas le droit d'avoir de passagers, d'ailleurs il doit passer une barrière et je me planque pour la jeune fille qui effectue le contrôle.

J'arrive finalement à téléphoner au fiston. Et je lui dis que je suis perdue et très loin.

On va venir me chercher mais il sera trop tard.

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jeudi 1 janvier 2009

Les aléas des réveillons

"Avoir la tête dans le c.. ", c'est une élégante expression qu'utilisent les jeunes pour décrire un état difficile de lendemain de fête.




C'est ainsi que s'est retrouvé la nuit dernière un père Noël décorateur d'un bougeoir qui lui a mis le feu quand la bougie - verte, ça se voit - , a été entièrement consumée. Comme le père Noël était en plastique, il s'est mis à fondre en produisant une odeur désagréable venue troubler assez tardivement nos narines quelque peu occupées par des effluves plus agréables.


Les aléas des réveillons !

Une année qui commence bien !

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mercredi 31 décembre 2008

Sissi


Eh oui ! des vacances de Noël sans Sissi, c'est pas des vacances. C'est comme un jour sans pain ou un bifteck sans moutarde ou un baiser sans moustache (cf Errol Flynn ou Clark Gable)

Il faut que la foule des midinettes de 7 à 77 ans puisse régulièrement admirer, envier, plaindre la pauvre Elisabeth d'Autriche, ou plutôt la pauvre et si jolie Romy Schneider doublée par une voix faussement enfantine et horripilante à la Vanessa Paradis, que quand le beau, non, le mièvre Franz la choisit elle et sa robe froufroutante bleu turquoise, et non la belle et sage Hélène qui lui était promise toute de rose vêtue, qui n'a pas la fraîcheur pétillante de sa jeune soeur qui avait rencontré le roi (ou prince ?) qui se baladait incognito dans la campagne et que la soeur non choisie dit à l'élue que c'est pas grave elle va trouver le bonheur autrement ... ahhhhhhh comme c'est émouvant.

Et quand la méchante marâtre belle-mère l'oblige à suivre l'étiquette de la cour et à vivre dans un énorme château et ne pas courir dans les couloirs et ne pas donner un bisou à son Franz subjugué par sa méchante mère et ne pas dorloter sa petite fille comme elle le voudrait ... ahhhh comme c'est triste.

Sans compter que dans le dernier épisode, Sissifaceàsondestin (c'est dur à dire), elle devient neurasthénique (c'est comme ça qu'on disait dépressive autrefois) et pour finir elle se fait assassiner, va savoir pourquoi alors qu'elle est tant aimée du peuple hongrois, c'est pas du jeu, c'est presque plus triste, même cent fois plus triste que la mort de Ladydi qui avait quand même pas sa classe.

Bref, la vie des princesses c'est pas une sinécure, et morale de l'histoire, on est quand même pas si mal dans notre chaumière au coin du feu avec notre prince assez charmant tout compte fait.


mardi 30 décembre 2008

Epilogue

Oublié hier dans la fin de l'histoire de Kreule d'Or :

"Ils furent normalement heureux, comme vous et moi, avec des hauts et des bas." Ils se marièrent ou ne se marièrent pas etc
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lundi 29 décembre 2008

Boucle d'Or et les trois Nordinateurs


La jolie petite fille avec des cheveux frisés frisés dorés dorés qu'on l'appelait Boucle d'Or, elle entra un jour dans une maison au milieu de la forêt. Et qu'est-ce qu'elle vit ?

Trois nordinateurs. Un grand nordinateur. Un moyen nordinateur. Et un piti nordinateur.


Alors qu'est-ce qu'elle fait ? Elle essaye le grand nordinateur. Ben non, y va pas , y est trop grand. Alors elle essaye le moyen nordinateur. Que dalle. les touches sont encore trop grandes pour ses jolis petits doigts délicats. Alors elle essaye le piti. Et là, miracle, y va fin bien.


Mais voilà ti pas qu'elle entend du bruit. Alors elle s'enfuit à toutes pompes ( ses pompes c'était pas des Gouttechie, ni des pantoufles de vair, c'était des pompes normales de Parisienne pressée)


Et que voit-elle par la fenêtre ? Un grand nours, un moyen nours et un piti nours.

Alors elle regrette d'être partie si vite, séduite qu'elle est par le je ne sais quoi du piti nours.

Et, fin de l'histoire : ils se marièrent pas mais ils eurent quelques enfants. Enfin, un à la fois.

dimanche 28 décembre 2008

Lendemains de fête

En fait, parfois on a un double cadeau.

Une radio pour écouter les nouvelles le matin dans la salle de bains, radio à 22,90 euros sur Amazon, livrée dans les temps, la veille de Noël pour mettre sous le sapin.



Et puis le plaisir de démonter l'engin et de bricoler au milieu de cadavres de bouteilles diverses, parce qu'il ne marche pas.


samedi 27 décembre 2008

Je m'admire

Parfois oui, je m'admire, par exemple de réussir à assurer à peu près convenablement l'intendance d'une famille diablement agrandie pour Noël.

Bien sûr, j'ai de l'aide pour les tâches subalternes telles que courses, et vaisselle - fût-elle gargantuesque ou pantagruélique. Mais c'est sur mes frêles épaules que repose généralement la décision de qu'est-ce qu'on va manger *. C'est de mon plein gré évidemment. Où serait le plaisir s'il n'y avait pas de gêne ?

Bon, eh bien, ça fait tout drôle quand ils ont tous quitté les lieux et qu'on n'est plus que deux péquenots à se nourrir de trois rien. Surtout quand il y a plein de bons restes.

* à part les tagliatelles de courgettes, les pommes rissolées, les pintades farcies, les grillades pour accompagner le couscous, la paëlla... et j'en passe...


vendredi 26 décembre 2008

Le tréma

Comme son compère l'accent circonflexe, il est une des fantaisies de notre orthographe, mais son rôle est nettement plus important.

Indispensable pour Noël, qui sans lui deviendrait Noel, c'est à dire un genre de Neul, il aide à la bonne prononciation, à condition de bien le positionner, sur la lettre qui suit la voyelle qui doit être prononcée.

Exemple : vous commencez à lire le mot la cig... et vous êtes tenté de dire "je vais boire de la cigue", eh bien non ! tréma sur le E donc STOP juste avant de le rencontrer: la cigU ë


Et à propos de Noël, le clavier USB que j'ai trouvé dans mes souliers sous le sapin m'ôte toute mauvaise excuse pour ne pas écrire mon blog sur l'ordinateur portable qui a donc retrouvé toutes ses lettres.






lundi 22 décembre 2008

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L'accent circonflexe est un survivant de l'accident qui est arrivé inopinément à mon portable le triste jour où il a présenté son clavier à une tasse de café qui passait par là.

Pour l'instant ce petit accent fantaisiste ne m'est guère utile, puisque comme voyelle je ne dispose que du U. Et trop peu de consonnes pour faire un mot.

L'orthographe résiste tout ce qu'elle peut à toutes les tentatives de réforme qui voudraient la simplifier, alors qu'elle a tous les charmes de l'incongru et du bizarroïde.

Par exemple, à propos de l'accent circonflexe : les adverbes en -ment sont en gros formés sur les adjectifs au féminin (heureux, heureusement) sauf les adjectifs se terminant par une voyelle qui ne se mettent pas au féminin (poli, poliment) sauf, exception dans l'exception : gai qui donne gaiement ou gaîment. Pas mal, non ?

C'était mon quart d'heure nostalgie de l'époque où j'ai enquiquiné des générations d'élèves avec ces règles aux nuances subtiles et délicates.


vendredi 19 décembre 2008

Autres temps autre moeurs



Nous avons passé une nuit assez calme sauf la troupe qui circule nuitamment, mais la nuit de dimanche à lundi les gros coups nous avaient empêché de dormir. Le lendemain j’avais un mal de tête ; malgré que vous croyez voir à ma lettre qu’on est calme nous restons toujours entre l’espoir et la crainte. Si le front pourrait rester où il se trouve maintenant il n’y aurait aucun danger pour nous mais s’ils arrivaient à Cassel on nous enverrait à la mer.


Je pense bien vous avoir dit dans ma dernière lettre que Pierre est en permission agricole, il assiste à enlever les meubles de l’oncle. Octavie n’oserait plus y rester. La plus grande partie enlevée il se lamente sur le sort de sa bibliothèque. Enfin il compte se faire conduire aujourd’hui par Armand à la recherche d’un objet précieux dit-il : je pense qu’il lui reste un calice à l’église.


Il est très probable qu’Octavie vienne demeurer avec lui au (binen huis). Enfin, on laisse tout aux mains de la Providence et priez toujours afin que de chez nous on ne doive plus reculer


E. Dehaene


Il semble surprenant qu'une mère (ici Elise) écrive à son fils soldat à la guerre 14-18 (ici Albert) en le vouvoyant, qu'elle ne termine par aucun petit mot affectueux, et qu'elle signe par son nom patronymique. Quelle distance ! Est-ce parce que son fils était prêtre? Ou question d'époque seulement ?


On voit aussi ce qui importe le plus à l'oncle doyen qui "se lamente sur le sort de sa bibliothèque" dans sa maison démolie par un obus. Mais peut-être est-ce une question de personne ici, pas de valeurs liées à une époque.



jeudi 18 décembre 2008

Un fin lettré : histoire d'une bibliothèque


Bon. Personne n'a trouvé. Tout le monde donne sa langue au chat. Ou plutôt tout le monde s'en fout.

Or donc Théodore-Alphonse, l'arrière-grand-oncle prêtre et fin lettré, avait une riche bibliothèque qui, pas de chance, s'est trouvée dans une maison démolie par un obus pendant la guerre 14-18 comme l'atteste la note écrite ici par une certaine Elodie à notre arrière grand-père, Bernard, frère de Théodore-Alphonse.




La femme de Bernard, autrement dit l'arrière grand-mère Elise, écrit à son fils Albert mobilisé, prêtre lui aussi (ça s'est beaucoup fait, le sacerdoce, dans la famille pendant quelques générations - Théo avait d'ailleurs un frère Jésuite Alfred-Léon) (compliqué, non ?)

Elle lui fait part des nouvelles du pays , et lui parle de la bibliothèque en question de l'oncle doyen ( hier je disais qu'il était chanoine, en fait peut-être qu'il était les deux ou peut-être s'agit-il de son oncle à lui, Louis Jacques - qu'importe!)


(Cliquez sur la lettre pour qu'elle s'agrandisse)


mercredi 17 décembre 2008

Un ... lettré

Jouons un peu au pendu.

Il s'agit de trouver un mot de trois lettres qui précède le nom "lettré" dans mon titre et qui se réfère à un arrière grand-oncle, chanoine de son état (ou quelque chose d'avoisinant), auquel je pensais ce matin en regrettant que les cousins qui ont repris sa ferme natale aient donné tous ses vieux livres ( et tous ceux qui appartenaient à la famille depuis le XVII ème siècle qu'elle habite les lieux) à un stagiaire belge qu'ils n'avaient pas les moyens de rémunérer.

Je n'ai rien contre les stagiaires ni contre les Belges, mais le gars a fait une très bonne affaire en acceptant comme gages ces vieilleries ô combien précieuses. Précieuses pour nous sentimentalement et intellectuellement parlant, mais précieuses aussi tout simplement au point de vue valeur vénale.

Les regrets sont inutiles et n'engendrent qu'amertume. Alors, fi de l'oncle et ses bouquins.

C'était un chanoine bon vivant, comme celui de la fable de la Fontaine, "bien fourré, gros et gras". Tout au moins les photos nous le disent, parce qu'on ne l'a pas connu. Mais cela n'empêche qu'il était un ... lettré, pour revenir à la devinette du titre et de son expression toute faite, un cliché qui ne s'appliquerait pas à la silhouette du chanoine, mais à son esprit cultivé.

Normalement, au pendu, on donne la première et la dernière lettre du mot.

Allons-y : l'oncle était donc un F.N lettré, même s'il était gros.

Vous avez trouvé ?

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mardi 16 décembre 2008

Soyons fous


Une folle soirée avec tous les ingrédients nécessaires : le feu de bois, du thé, et une émission sur Arte qui met en scène des théologiens de tous pays donnant chacun leur propre interprétation des textes fondateurs du christianisme, quand celui-ci est devenu une religion organisée et que le dogmatisme s'est transformé en institutionnalisme, bref quand le christianisme expression d'une différence au départ s'est changé à l'arrivée en religion d'état.




L'important c 'est de prendre son pied. Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse, disait Musset (Alfred de) . Le flacon en l'occurrence est plutôt soft, mais l'ivresse est là. Un bon plaisir tout doux qui vous emporte l'esprit vers des contrées inconnues : le plaisir de découvrir à tout âge, qui vous fait croire que tout est encore possible, qu'il y a encore tant à faire sur terre et que le grand voyage doit être repoussé à une date ultérieure indéterminée.

lundi 15 décembre 2008

Féminine revanche

- Ne t'inquiète pas, tu peux aller sans remords à ta réunion à Lille avec mon cousin, je me charge de faire le pain.

Même si son mari l'y poussait, Marie- Antoinette se sentait un peu coupable de quitter la ferme en ce mercredi, le jour du pain. Ce n'était pas pour s'adonner à un plaisir coupable inavouable, oh non. Une pieuse réunion de jeunesse catholique agricole, la fameuse JAC qui les avait fait se rencontrer elle et son futur époux il y avait quelques années de cela.

Le cousin Albert l'emmènerait sur sa moto, quelle griserie ! 60 kilomètres à 60 à l'heure... Pure folie !

Albert était assez différent des paysans qu'elle connaissait, il jouait un peu au gentleman farmer, habitait dans la maison des ancêtres de la famille qu'on appelait le château dans le village, parce qu'elle était recouverte d'ardoises et avait une allure un peu plus élégante (ou prétentieuse) que les longères des fermes avoisinantes. Célibataire, son idéal féminin était disait-il, une femme grande, élancée et chanteuse d'opéra. Mais il avait épousé Maria, une petite boulotte. Il était abonné à L'Action Française, un journal royaliste et nationaliste, pas franchement d'extrême droite, mais pas loin. C'était une source de discorde avec son cousin qu'on appelait 'le communiste blanc' au village parce qu'il était au service des gens en difficulté, sans être vraiment rouge, loin de là.

Marie-Antoinette avala goulûment sa journée de liberté.

Le soir, elle retrouva son époux un peu contrit ; la fournée de pain était ratée. Tous à plat. Elle éclata de rire, ce qui ne plut pas vraiment au chef de famille, vexé de n'avoir pas réussi à mener à bien une tâche si bêtement féminine...

Il n'avait pas trop le sens de l'humour. Elle si.


dimanche 14 décembre 2008

Aimable désordre

C'est une expression que j'aime quand elle s'illustre de cette façon :


et contrecarre ainsi l'idéal d'une maison-laboratoire hyper clean et sans âme - l'âme résiderait-elle dans la poussière et le désordre ? Pourquoi pas.

Ceci dit, il est peut-être difficile alors de choisir un livre dans la bibliothèque, et on voit donc l'intérêt de ranger : c'est un gain de temps comme le disait toujours maman qui par ailleurs profitait bien de notre Blanche dont la tâche principale était de ranger les armoires.

Par un savant calcul, on peut constater que le temps passé à ranger se rattrape aisément par la suite quand il s'agit d'utiliser les objets rangés.

En l'occurrence, l'utilisation des 2 ou 3 objets dont on aperçoit ici le fond sur l'étagère au-dessus des livres, explique peut-être la façon très particulière du rangement adopté.

Bon anniversaire, Pierre !


samedi 13 décembre 2008

frç frhçfruççççè

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t
< frç =! *ç*=è
ç
!q < class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3">uèç < à-ç$-$-$n bjdj
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- -ju_uè-u_èuççççççççççu_è-- b

qu

Où est l'intrus ? Quel est le nouveau ressuscité ? Vous donnez votre langue au chat ?

Il y a bien le "ç", mais il ne compte pas, parce qu'il s'affiche ad libitum quand je tape le R , d'abord ça fait "fr" puis le ççççç vient sans qu'on l'ait sifflé. Ah la la, que de surprises vous laisse un ordinateur un peu maltraité.

Donc, le ressuscité, eh bien, voyons c'est bien sûr le "è" !

Quoi ? le "è" ne sert pas à grand chose ? Ah mais si mais si ! Moi j'en ai besoin pour mon prénom !

.

vendredi 12 décembre 2008

$ * -

Ça s'arrangerait ?

Ne jamais désespérer.

Il est, paraît-il, un peu précoce d'acheter un clavier USB pour remplacer le clavier arrosé défaillant de l'ordinateur portable.

Tout arrive à point à qui sait attendre, dit le proverbe. Effectivement, aujourd'hui trois nouvelles touches se sont réveillées intactes, qui ont peu de rapport entre elles, je crois.

Il s'agit de $, * et -

Pas de rapports entre elles ? Peut-être que si, en cherchant bien.

Dans le pays du $, le drapeau affiche un certain nombre d' * . Mais le tiret, je ne sais pas où le placer avec les deux autres.

$ - * ? ou bien * - $ ?

De toute façon, je ne me sers jamais de $, et assez rarement de *, encore que cette dernière fait davantage rêver que le pragmatique $, surtout par les temps qui courent...

Mais peut-être est-ce un faux espoir : je ne m'étais pas rendue compte que ces trois-là fonctionnaient encore ?


jeudi 11 décembre 2008

Indécence


Pourquoi ces barbies sont-elles à poil (et sans poil d'ailleurs) ? En tant que non-mère de filles (ou mère de non-filles) j'avoue avoir des insuffisances dans mon éducation en ce qui concerne certains types de jouets contemporains et je me refuse à en procurer à mes petites- filles, même si elles donnent aux (très rares) poupées que j'offre le nom de Barbie.

( - Non, tu l'appelleras pas Barbie - d'ailleurs ça me fait penser à un nazi célèbre.
- Bon ben alors je l'appellerai Monique comme ma grand-tante...)



Donc j'ignore si ce genre de poupées se vendent nues ou bien toujours habillées.

Mais là, en vrac, dans un bac de chez Emmaüs (récession oblige : cette année les cadeaux de Noël viendront de chez les chiffonniers) ça fait un peu dégoûtant. Y en une qui a gardé une chaussure bleue quand même.

Mais c'est encore pire, on dirait un tas de nanas qui se sont fait violer puis assassiner.


mercredi 10 décembre 2008

Sports divers


L'air est frais, les doigts gourds, le nez sensible... La température frôle zéro. Un brouillard gris rend l'atmosphère encore plus fraîche

Qu'à cela ne tienne ! On est en hiver et on est prêt à tous les sacrifices pour profiter des divers sports de saison qui nous attendent. Anorak, écharpe et gants, allons-y !

Pour préparer Noël, il ne suffit pas d'aller choisir le sapin épicéa (32 euros! faut pas charrier) il faut aussi prévoir de sustenter une famille qui s'agrandit d'année en année, et ne se nourrit pas (ou plus) que d'amour et d'eau fraîche . On est bien là pour les gâter un peu.

Or donc, les réveillons et divers repas de fête ne se terminent pas sans la bûche traditionnelle, bûche glacée de préférence. Une bonne glace de chez Vandecasteelee qui nous la propose en sabot, ou crèche, ou sapin ou père Noël ou que sais-je.

Toujours est-il que pour ladite glace il faut de la place dans le congélateur. Or le congélateur est déjà plein de glace - de givre veux- je dire, et donc il veut être dégivré avant qu'on lui enfourne davantage de boustifaille dans ses entrailles. Tout s'enchaîne : notre congélateur réclame à corps et à cris d'être délivré de sa glace pour en avaler d'autres, sucrées et chocolatées cette fois.

Et allons-y pour la grosse corvée du jour. Tout s'enchaîne effectivement, deuxième épisode de la série "A Noël je fais divers grands nettoyages d'hiver". Dans le garage, derrière le congélateur et ses voisins le sèche-linge et le frigidaire d'été, quelques habitants indésirables du genre rats ou lérots ont commencé à entasser leurs provisions d' hiver eux aussi : il y a concurrence. Pour eux il s'agit d'abord de préparer un nid douillet fait de carton et de polystyrène grignotés à droite et à gauche, avant de le remplir de pommes de terre ou de pommes pas de terre volées ici ou là. Pas de pitié : hop ! tout sur le fumier ! Non mais ! Chacun chez soi et pas d'animaux dans la maison.

Étape suivante. Transporter casseroles et bassines d'eau bouillante depuis la cuisine pour hâter le dégivrage. Une demi-heure après : grattage avec spatule de bois. Doigts gelés, transis, puis rouges et chauds.

Enfin, après plusieurs opérations similaires, l'engin est propre. Une demi-heure avant de le remettre en route, on transvide ce qui était dans le compartiment freezer du frigidaire du garage et une glacière qui se réchauffait aux trois degrés de l'extérieur. Rangement, étiquetage, on fait l'inventaire, (le jus, là dans un sac, c'est du jus de cassis ou de mûres???) et zou c'est reparti pour une saison ou deux.

Il reste à faire la confiture avec les fruits de l'été qu'on ne remettra pas à congeler.

Et récompense, on va acheter le beau sapin roi des forêts et la glace-sabot pralinée avec des petits jésus en sucre jaune vert et rose dedans et les pintades et les gésiers et les foies de volaille pour la farce et hop tout dans le congélateur (pas le sapin) . Miam.

mardi 9 décembre 2008

ça ne s'arrange pas


Après un nettoyage à l'alcool comme on me l'a recommandé, le clavier de mon ordinateur portable qui avait été malencontreusement arrosé par un café intempestif se contente maintenant de bien vouloir me permettre d'utiliser seulement : T U J G D Q W B N ; : ! &, ce qui ma foi, ne permet pas beaucoup de mots, encore moins phrases.

C'est un exercice à la Georges Pérec qui avait écrit tout un roman sans utiliser le E.

UN TU BU NU DUT !

Je renonce...

(heureusement qu'il y a un autre ordi à la maison)

samedi 6 décembre 2008

Servir chez les Pères d'Ypres


Qu'est-ce que "servir" ? Servir qui ? ou quoi ?

Quand le verbe est sans complément comme ici ( si ce n'est un complément de lieu qui indique où se pratique la chose) c'est servir Dieu, ou un de ses saints, lui rendre hommage ou plutôt lui demander quelque chose en échange de prières et éventuellement (ou surtout) de substantiels dons. Le tout, c'est de savoir quel intermédiaire va bénéficier de l'offrande, puisque le commun des mortels n'est pas habilité à servir directement - allez savoir pourquoi.

Ensuite le plus important (le premier bénéficiaire étant en quelque sorte un détail qu'on oublie facilement : après tout notre père est peinard dans les cieux), servir où ?

Chez les Pères d'Ypres ? Qui sont ces messieurs ? Ils sont apparentés à l'espèce cléricale de notre voisine la libre Belgique, mais n'ont plus le droit de mettre leurs pieds bénis dans notre diocèse du Nord. Ainsi l'a décrété notre évêque, après que (concurrence déloyale ?) les bons pères eurent un peu usé et abusé des offrandes servies aux dieux raccommodeurs de tous problèmes.

En effet, pourquoi, dans quel cas faut-il servir chez les pères d'Ypres ? Quand vous avez tout essayé et que rien n'a marché pour vous dépatouiller de vos graves embrouilles. Ils sont un peu les pendants de la féminine Sainte Rita patronne des causes désespérées.

Il y a quelques années de cela, une voisine compatissante m'a conseillé de me résoudre à cette extrémité parce que trois catastrophes successives me sont tombées dessus. D'abord la télé qui ne marchait plus, mais je dois dire que j'avais un peu trop arrosé la plante qui était posée sur le poste (comme on disait autrefois). Ensuite, la tondeuse qui ne s'est malencontreusement pas arrêtée quand elle a rencontré le lampadaire posé sur la pelouse. Et pour finir en beauté, la grosse catastrophe : la voiture dans le fossé. Inutilisable. Bonne pour la casse. Misère de misères . La première voiture pas trop pourrie (mais pas neuve non plus, faut pas exagérer) que nous avions enfin pu acheter après des siècles de 2CV d'occase , ou tout au plus 3 (chevaux). Mais enfin, consolation non négligeable : ni moi ni le benjamin qui m'accompagnait n'avions été blessés.

Je n'ai pas suivi le conseil de ma voisine. J'ai peut-être eu tort. Le sort continue à s'acharner contre moi. Dernièrement c'est une partie du contenu d'une tasse de café qui s'est jeté sur le clavier de l'ordinateur portable dont les A, I, O, S, W, refusent de fonctionner désormais.

Les objets m'échappent des mains ; ils ont une vie propre et ils font exprès de contrarier la mienne.

jeudi 4 décembre 2008

Rangements : suite et....fin


Nettoyage par le vide. Il est l'heure de déblayer, de vider les armoires , de faire les paquets pour le grand voyage.



Non justement, pas de paquets. Le grand voyage, l'ultime voyage, c'est nu et les mains vides, comme à l'aller, à la naissance.

Il est temps de s'y préparer doucement, de devenir ascète, de vivre avec le minimum d'encombrement, de se débarrasser du superflu, de lutter contre la vieille tendance à tout conserver et thésauriser, temps de jeter les objets inutiles, les "souvenirs" dont on n'a plus besoin comme objets témoins de petits bonheurs ou grands malheurs passés, puisque ils sont vivants dans la mémoire, temps de brûler les lettres et les brûlots, les photos de gens qu'on ne voit plus : autodafé et purification par le feu. Les relations qui perdurent et ont passé l'épreuve du temps restent les seules richesses à conserver précieusement. Et elles sont immatérielles.

Des décennies ont vu s'accumuler des paperasses fourrées en vitesse dans des chemises surchargées qui ont formé des dossiers informes. Ah mais c'est que c'est important la paperasse en France ! Il vous est demandé par exemple de fournir à l'heure de la retraite un justificatif du montant de l'allocation touchée pour la naissance du petit dernier qui frôle maintenant la trentaine.

Et à l'heure d'Internet, pourquoi conserver les prospectus sur la côte d'Armor ou les terrains de camping en Irlande qui datent de voyages lointains ? Tout évolue si vite : lors du dernier tour en Hollande, la ville où nous devions nous rendre ne figurait pas encore sur la carte routière conservée précieusement depuis vingt ou trente ans. A la poubelle, tout ça ! Et la poubelle au feu aussi, tant qu'on y est. Son osier décati tombe en morceaux. Quelque peu symbolique.

Plus tard, s'il reste du courage, ce sera rangement dans les dossiers de l'ordinateur.

mardi 2 décembre 2008

Je me souviens...

... qu'on était contents lorsque maman venait nous réveiller pendant les grandes vacances en nous disant :"Il pleut", parce que ça signifiait qu'on ne serait pas de corvée dans les champs ce jour-là.

Que la pluie nous surprenne sur le champ de pommes de terre était un vrai bonheur aussi. D'abord la course jusqu'au tas de sacs de jute pour se confectionner un capuchon, quasi imperméable. Puis le vin chaud qui nous attendait à la ferme pour nous réchauffer. Et puis les corvées devoirs de vacances dans le grenier, à la plume et l'encrier - la bonne odeur de l'encre. Maman achetait des bouteilles d'un litre de cette encre violette pour remplir nos encriers puis nos stylos-plume à pompe.

Un monde sans télé, sans ordinateur, sans voyage, mais avec une mare et son radeau, ou une grange et ses tunnels en ballots de paille, ou encore un grenier et ses poutres à escalader.


Bien sûr le passé est toujours revu sous un angle idyllique, parce que justement il a le mérite d'être passé, une époque où on avait encore un long futur devant soi, tandis que le présent rétrécit les potentialités et donc n' a pas ce caractère enchanteur d'un futur flou et incertain qui l'accompagne.


dimanche 30 novembre 2008

Des gâteaux et des religieuses


Ne pas être un bec sucré a pu m'aider en certaines circonstances, mais pas toutes.

En effet, il fut un temps où on ne vous demandait pas si vous aimiez ou non ce qu'on vous posait dans l'assiette et il fallait manger, bon gré ou mal gré, que ce soit le hareng du vendredi accompagné de pommes de terre bouillies avec du schume dessus (de l'écume pour les non flamingants) , ou bien, tout aussi dur à avaler, le cornet de pâte feuilletée sucrée rempli de crème à la vanille, dessert des grandes occasions du pensionnat ( à la Sainte Catherine par exemple) Et un seul verre de bière pour tout avaler. Un supplice.

Au lycée, il n'y avait plus de bonne soeur pour régenter chaque table. De ce fait, cela donnait parfois une scène assez surprenante de filles de 16-17 ans sautant sur le plat de gâteaux du jeudi midi pour tenter de s'octroyer leur pâtisserie préférée - chose que je pouvais regarder avec un air supérieur de dédain et de dégoût devant un tel manque de savoir-vivre - forcément puisque je me sentais peu concernée...

Les gâteaux m'ont donné aussi l'occasion au pensionnat de jouer au jeu dangereux de "t'es pas chiche, ou t'es pas cap..." Cap de quoi ? De quitter la cour de l'école lors de la récréation du lundi matin, pour filer à la pâtisserie du coin acheter une galette beurrée pour la copine qui en raffolait. Ladite copine, (maintenant maire très sage - elle a toujours été très sage - d'un bled environnant - je suis sûre qu'elle en s'en rappelle plus... ) à qui je disais : "Tiens ma blouse et donne-moi tes sous. Je fonce..." L'idéal pour elle, puisque je n'avais besoin de rien en compensation - je me damnerais plus pour un bon morceau de fromage ou de la charcuterie.

Le régime strict sans sel est bien plus difficile à observer que le régime sans sucre ajouté qu'il m'est demandé de suivre aussi actuellement (mais j'aime le chocolat - bien noir et bien amer.)




mercredi 26 novembre 2008

Cadeau

Normalement pour mon anniversaire j'ai droit à quelque chose de spécial : le passage d'un vol d'oies sauvages, un tremblement de terre ( si si c'est déjà arrivé) ou de la neige, ou que sais-je.

Cette année, est arrivé avec un peu de retard un futur poète contemplatif qui rêvera peut-être de lointains voyages sur le dos d'une oie comme son homonyme Nils...

lundi 24 novembre 2008

Y neige plus




V'là ce que c'est de vivre sous un climat océanique à hivers doux et tempérés avec l'influence de la mer ou du Gulf Stream : la neige ne tient jamais longtemps et laisse volontiers place à la pluie et la grisaille.

Qu'est-ce que ça peut faire ? Ça change tout ! Si la neige a pu être l'occasion pour ma petite-fille d'enrichir de manière enthousiaste son vocabulaire encore très réduit : y neige! y neige ! et l'occasion pour tout un chacun de se sentir revivre, la pluie accompagnée de 5° s'abat sur nos épaules résignées en un lundi matin qui s'annonce tout de suite moins drôle.

Réagissons. On va rentrer les géraniums et racler les feuilles mortes qui forment des amas pourrissants sur l'allée de gravier.

Un petit vin chaud pour se requinquer : comme dans notre enfance, beaucoup d'eau, un peu de vin rouge, du sucre et de la cannelle. Haut les coeurs !



dimanche 23 novembre 2008

Y neige


On s'en doutait. Quand il fait un froid de canard alors que le thermomètre ne descend pas sous 0, c'est qu'il va neiger.

C'est l'enfance qui resurgit : on avait oublié qu'on pouvait avoir froid, le nez rouge et les doigts transis.

Papa sortait son grand pardessus, son passe- montagne et ses gants de laine pour faire les bêtes le matin.

Le vent était chez Maës, autrement dit venait de l'Est. Dans la cuisine, parfois, derrière le feu, une mande où des petits cochons nouveaux-nés se réchauffaient dans la paille en attendant de rejoindre leur mère encore occupée à mettre bas leurs frères et soeurs.

Le tirage de la cheminée était mauvais : il devenait impossible de chauffer la pièce, ou bien alors il fallait laisser ouverte la porte du couloir du côté de la petite cour. On déménageait alors pour quelques jours dans la salle à manger où le petit poêle ronflait et rougissait prêt à exploser. Manger dans la salle qui porte le même nom : quel luxe ! On ne rechignait pas devant la corvée de devoir traverser toute la maison avec la vaisselle ou les plats préparés dans la cuisine froide et désertée.

C'était en quelque sorte Noël tous les jours.


vendredi 21 novembre 2008

La corvée de fin d'année

Noël approche avec son cortège de guirlandes rutilantes, et ses magasins aux vitrines éblouissantes, et ses chants gluants diffusés dans les couloirs du métro à vous en donner la nausée dés le lever du jour.

Que pasa ?

Eh bien ma brave dame, c'est Noël, voyons, le temps des réjouissances familiales annuelles puissance N.

Vous abandonnez pour un instant votre boulot harassant, votre amoureuse ou votre amoureux harassant (e), et vous retournez aux joies pures de la famille.

Tout cela serait très agréable si ce n'était accompagné de la corvée-cadeaux.

Tout à coup vous réalisez que Noël c'est dans un mois et vous n'avez même pas encore commencé à songer à l'idée des présents à mettre dans les souliers près de la cheminée. Damned.

D'habitude ce sont les voyages d'été qui vous font acheter deux saisons à l'avance lesdits cadeaux du genre peau de renne venant directement du magasin Pèrenoêl au Cercle Polaire. Mais cette année de récession en tout genre : pas de voyage d'été, pas de cadeaux planqués jusqu'à Décembre. Que dalle.

L'immense joie de donner, certes, mais l'immense peine de trouver des idées pour donner sur commande ? Vous affrontez alors l'image insupportable du vide vertigineux de votre imagination. Ne demandez pas à vos proches qu'ils vous fassent une liste : la liste ne contient qu'un seul mot : une surprise. Ah bon. Et si dans le domaine de la surprise on voulait être vraiment efficace, la surprise serait que Noël ce n'est plus le 25 Décembre, mais n'importe quel jour de l'année, comme on le sent.

Tiens, Noël c'était hier. (Ou bien alors donnez-moi une liste.)


jeudi 20 novembre 2008

Mon jour de gloire...

... est arrivé, et même déjà dépassé, et même ne devrait plus être mentionné à un certain âge : il devient un outrage personnel compte tenu du temps qui reste à vivre et qui s'amenuise de jour en jour.

Le cadeau à un franc qui m'attendait enfant quand je rentrais de l'école le soir de mon anniversaire était une merveille des merveilles : un sachet de dînette ou autre jouet en plastique.

Adolescente, je me voyais l'heureuse bénéficiaire d'un billet de cinq francs qu'il m'arrivait de donner à mon amie Edwige, une pauvre orpheline comme on en voit dans les romans, qui allait au cinéma tous les samedis quand elle le pouvait - c'était une fille de la ville, moi je ne pouvais que découper des photos de James Dean et rêver...

Les livres et disques sont devenus par la suite la surprise attendue mais toujours aussi inattendue cependant.

En fait à un certain âge devenu certain, les anniversaires ne devraient plus être fêtés, mais les cadeaux devraient encore être offerts.

mercredi 19 novembre 2008

Destins


Germain et Germaine s'étaient fiancés avant la guerre. Tout allait pour le mieux, ils étaient faits paraît-il l'un pour l'autre - comme s'il y avait des prédestinations inévitables, incontournables dit-on maintenant. Tous deux étaient d'un naturel enjoué, l'oeil bleu et malicieux, le rire toujours prêt à jaillir.

Germain était le dernier-né d'une famille de 6 enfants, et le seul né d'un second mariage, après que sa mère eut perdu son mari. C'est vrai qu'il avait été l'enfant gâté à la fois par ses parents âgés et ses grandes demi-soeurs. les demi-frères étant plus modérés. Cela fit de lui un jeune homme confiant en lui-même et en la vie.

Comme la guerre vint le prendre dans ses rets et l'emmener prisonnier en Allemagne pour une paire d'années (une paire ici pouvant dépasser le chiffre de deux), son heureux caractère l'avait conduit à s'accommoder tant bien que mal de sa situation et de sa séparation d'avec sa Germaine qui l'attendait patiemment et amoureusement dans leurs Flandres natales et embrumées.

Point trop n'en faut : la fidélité à une lointaine blonde bien charpentée a ses limites quand on ne peut tâter régulièrement de la chose pour en vérifier l'amène consistance. Notre Germain trouva donc à son goût un ersatz assez avenant pour lui faire oublier d'autres rondeurs nordiques qui l'attendaient au pays. Non que son prénom l'eût prédisposé à trop tâter du téton tentant de la Teutonne - , mais les rumeurs de son bien-être quasi matrimonial coururent outre-Rhin et parvinrent aux oreilles éplorées de sa fidèle Germaine à qui on rapporta que son Germain "n'était pas sérieux". Elle décida sur le champ (de betteraves, vu la saison) de rompre les fiançailles et le charme qui les unissait.

Notre belle trompée trouva son bonheur chez un fermier sérieux, lui, moins amusant certes, mais plus attaché aux valeurs traditionnelles : travail et fidélité.

Notre beau trompeur revenu au bercail s'acoquina (si on peut dire) quant à lui avec une travailleuse renommée, la grande sèche Agnès qui ne plaisantait pas avec la bagatelle : les vaches et leurs veaux rentables des étables lui tenaient lieu de source essentielle de plaisir.

Les années passèrent. Germain se languissait de son accorte Germaine. Sa maison ne retentissait pas de joyeux rires mais d'acariâtres aigreurs. Il s'en alla chercher ailleurs son bonheur. Une bonne voisine bonne à tout faire lui ouvrit volontiers sa porte et ses ... non, restons corrects. Il en résulta un fruit de ses entrailles pas vraiment béni.

Germain confia alors ses soucis à Victor, un pilier de bistrot bien attentionné quoique bavard, qui lui donna une bonne adresse pour résoudre la chose. Mais à cette époque d'avant Simone Veil, la maréchaussée ne plaisantait pas avec de telles velléités et notre luron moins joyeux se retrouva bientôt en prison. Pas pour longtemps, heureusement. Mais assez pour que les bien-pensants de la communauté villageoise s'en réjouissent - et ils étaient nombreux !

Voilà comment une société contribue au bonheur de ses membres, en veillant à ce que les rumeurs assassines répandent leur venin qui guérit des excès en tout genre et protège des potentielles offenses aux bonnes moeurs.



lundi 17 novembre 2008

Economies


L'heure est grave, sans blaguer, et il est temps de faire des économies, ou plutôt, puisque les banques n'ont pas l'air trop fiables, il est temps de ne plus dépenser trop sans pour autant aller placer son argent n'importe où.

Il n'y a pas de petites économies, dit-on. On éteint les lumières, on va à pied au village, on ne craque pas une allumette pour le plaisir seulement (ça faisait fulminer papa). On ne fait plus rien pour le plaisir seulement, on fait par nécessité ou par devoir.

Mais si on prévoit d'acheter des trucs dans les mois qui viennent, autant les acheter tout de suite avant que les p'tits sous qui étaient rangés dans une banque en attendant n'en viennent à ne valoir plus un radis. Donc si on avait l'intention de changer de baignoire, c'est le moment, quitte à la garer dans le garage. Il faut claquer en objets bien concrets tout le virtuel qui risque de s'étioler et disparaître en fumée. Pensez aux emprunts russes de nos grands-parents ou les lessiveuses pleine de billets dévalués après guerre ( bien fait pour les collabos.)

En fait ce sont les nantis qui peuvent se permettre le luxe de faire des économies, même petites. D'abord ils ont des sous. Ensuite ils savent qu'en cas de besoin ils n' auront qu'à puiser dans les ressources : pas de panique, ce sont des fonds sans fond et non pas un panier percé. Leurs économies donnent des jeunes en temps de non-crise, des gros jeunes, bien dodus. Contrairement aux prolétaires qui vivent dans l'instant, ils ont un avenir et peuvent donc résister à la tentation de consommation immédiate, tandis que les moins chanceux n'ont que le plaisir de flamber, de s'acheter une baguette croustillante plus coûteuse qu'un pain trop sage, ou un bouquet de fleurs inutiles.

D'ailleurs c'est eux qui ont raison : il faut faire tourner la machine, ne pas jouer à la fourmi précautionneuse. Soyons fous ! Soyons cigales !


jeudi 13 novembre 2008

Retraite précipitée


Soudain on ne voit plus qu'eux. D'où surgissent-ils si nombreux ? Ils sont partout. Au supermarché, au cinéma, au musée, à l'église, à la mer et à la montagne, dans des chalets loués hors saison ou dans des studios achetés par semaine d'occupation.


Ils vont par paires, des pairs par paires. La petite soixantaine ou soixante-dizaine sage et proprette, grisonnante, grisâtre, tout de gris-beige vêtue, ils entretiennent la silhouette qui se veut encore svelte et la santé pas trop chancelante par les randonnées à pied à cheval à bicyclette quasi quotidiennes.


Les croiser, c'est croiser aussi leur regard. Parce qu'ils vous voient comme un semblable, un frère, ils vous lancent un coup d'oeil inquisiteur furtif, craintif, mais hardi aussi. Les deux unités de leur couple se ressemblent, se sont fondues l'une dans l'autre. Interchangeables ? C'est la question. On est bien ensemble, on ne fait plus qu'un, mais... si on allait voir ailleurs ? Bof, l'ailleurs est trop semblable à l'ici, avec le confort des habitudes en moins et la possibilité de découvrir tardivement des vices cachés chez l'inconnu non garanti.


Ou bien alors il faudrait beaucoup d'étincelles de vie dans les yeux derrière les lunettes de presbyte pour attirer le chaland, sinon le jeu n'en vaut pas la chandelle ah ah ah (étincelles/ chandelles ha!)


La plus chasseresse, c'est la population des laissés pour compte qui se retrouvent sur le carreau après le départ du conjoint volage ou du conjoint fatigué du conjoint volage. L'oeil aux aguets, le caddie fendant rageusement la foule des accouplés ou flânant sans conviction dans les allées du super marché sans s'arrêter. Pour acheter quoi ? Pour qui ? La solitude involontaire a coupé l'appétit. Il est urgent que cesse cette anorexie insupportable. Une autre âme en peine fera l'affaire. Deux coeurs brisés se recolleront ensemble et pourront jouir ensemble du bonheur d'acheter des boîtes de conserve d'une taille raisonnable, et non plus la ridicule portion pour personne tristement seule.



Et ils redeviendront normaux : ils pourront s'inscrire aux voyages organisés pour Les Baléares. Et dire comme tous les autres retraités : ah la la depuis que je suis à la retraite, je n'ai plus le temps de rien, je suis débordé. Et puis s'envoyer en l'air sur Internet, c'est-à-dire faire suivre des blagues pas drôles ou des beaux diaporamas que c'est de la belle beauté avec des belles photos et des beaux textes édifiants. Et puis écrire leur blog.


mardi 11 novembre 2008

11 Novembre

Léon Jules Lucien... cette année la mode des prénoms masculins se décline sur les monuments aux morts de la Première Guerre. Il pourrait aussi y avoir Abel, comme notre grand-père mort en 1915 . Ou Louis, l'autre grand-père plus chanceux.

Il y a aussi des Urbain, Alidor, Félicien, Albert, Tobie, Marcel, Auguste... La plupart n'ont pas eu le temps de vieillir et de se sentir porter un prénom de vieux. Ils avaient souvent à peine vingt ans quand on les a envoyés se sacrifier pour la France - quelle belle jambe ça leur a fait...à ceux qui en sont revenus.

Bébés du vingt et unième siècle, vous les faites revivre un peu, en portant leur nom.
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dimanche 9 novembre 2008

Le vent des globes


J'ai longtemps cru comprendre que s'appelait ainsi la course de voiliers Le Vendée-Globe, nom qui, il faut bien le dire, est un peu plat - une course en solitaire qui part de Vendée et fait le tour du globe - tandis que mon "Vent des Globes" laisse entrevoir un univers un peu fantastique où un vent dément soufflerait sur des globes, des planètes soeurs ou ennemies, voisines ou éloignées...lui, le vent faisant le lien entre elles.

Adolescente, j'ai eu ma période passion pour la mer (d'abord ça a été pour les avions) et j'ai dévoré toute une série de bouquins qui en traitaient : Typhon de Joseph Conrad, L'expédition du Kon Tiki ... Je rêvais d'être marin, mais à l'époque les filles n'entraient pas à Navale. J'écrivais des poèmes (je les ai perdus) où il était question de larmes versées par une naïade amoureuse éplorée, larmes qui se transformaient en jade quand elles tombaient sur la plage (Ben oui, sur la plage de Malo-les-Bains j'avais trouvé un caillou vert poli par les vagues) Et pourtant je n'avais pas vu d'autre mer que celle du Nord. Par la suite, les autres, trop bleues, trop transparentes m'ont paru assez artificielles comparées à l'aspect quelque peu sauvage et rébarbatif de ma mer du Nord.

samedi 8 novembre 2008

Testament

Pourquoi écrire son testament ? Parce qu'on va probablement mourir et qu'on a des dernières volontés à exprimer. Sinon ce n'est pas la peine.

En fait la probabilité de mourir n'en est pas une stricto sensu, c'est plutôt une certitude inévitable, il faut le savoir.

Comment je le sais ? Ça n'a pas d'importance, ça doit arriver tôt ou tard. La ridicule comédie s'arrête. Les illusions s'effritent. Le mirage s'estompe.


Et les dernières volontés ? Ah oui. Ben, je n'en ai pas. Ma mère me disait toujours : "Tu n'as pas de volonté." Elle avait raison.


vendredi 7 novembre 2008

Luxe

Le luxe n'est pas, ou pas seulement, de posséder beaucoup d'objets superflus - superflus dans le sens où ils ne sont pas vitalement nécessaires - le luxe c'est d'avoir le temps de les ranger, de pouvoir prendre toute une journée pour faire un tri impitoyable et obtenir au bout du compte un placard parfaitement ordonné.




M'est avis qu'il va me falloir encore beaucoup de journées de luxe pour aborder d'autres pièces de la maison ou d'autres secteurs de mon antre que j'appelle mon bureau mais qui contient bien des choses étrangères à l'écriture ou la lecture :




une poupée cassée, des médicaments, des graines de fleurs, un bocal vide de potje vleesch à rendre à sa propriétaire, une pile de cassettes vidéo qu'on ne peut plus regarder puisque le lecteur a été remplacé par un lecteur de DVD - mais on ne va quand même pas jeter ces cassettes-souvenirs. Il paraît que l'on peut se débarrasser sans hésitation des trucs dont on ne s'est pas servi pendant deux ans. Mais la logique froidement implacable ne tient pas compte de l'attachement sentimental à un petit rien qui peut être un grand tout.
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mardi 4 novembre 2008

No life


Alors, de quoi s'agit-il ?

Des accros de l'ordinateur (ça s'appelle des geeks, - pour faire bien faisons anglais, mais disons des dingues en français) qui, du fait de leur passion dévorante, ont no life, pas de vie réelle en dehors de leur vie virtuelle et cybernétique et de leur communication avec le reste du monde par écran interposé.

Ils mangent là, ne dorment presque pas, ne se lavent pas, tout juste s'ils ne défèquent pas sous leur siège.

Leur no life est une vie essentiellement ludique de jeux vidéo, ils évoluent dans un monde d'éternelle enfance où seul le jeu est sérieux, une vie sans contrainte ni responsabilité, sans aspérité.

Ils jouent et généralement détruisent. Parfois, il est vrai, ils construisent un nouveau monde idéal, un monde où l'on vend, achète, investit son argent, ou l'argent qu'on n'a pas... Aïe, ce n'est pas le moment. On voit où ça a amené les Ricains, et le reste du monde derrière leur suffisance désinvolte.

Bref, il est dit que c'est le sentiment de leur propre échec et de leur propre vulnérabilité qui mène les cinglés-geeks à ce refuge où ils suppriment autrui, un autrui qui dérange leur propre narcissisme mis à mal dans la vie réelle mais intouchable dans la vie virtuelle : les voitures écrasent, les avions bombardent, les fusils tuent. Y a-t-il un homme derrière l'arme? L'homme est-il innocent si c'est l'arme qui tue ? L'arme est-elle innocente ?

Pour ces amusants passe-temps pas très innocents finalement, soit les dingues de jeux se retrouvent soit seuls , soit en communauté.

Seuls, c'est le FPS (first-person shooter : c'est moi que je tire le premier, sinon je suis mal) dans lequel le personnage doit éliminer des ennemis à l'aide d'une arme quelconque.

Soit en interactivité, c'est le MMORPG (massively multiplayer online role-playing game) ça veut tout simplement dire qu'ils sont plusieurs à jouer ensemble. Ils naviguent dans un univers médiéval fantastique, ou heroic fantasy, avec donjons, dragons, héros, guerriers, magie, sorcellerie, princesses en péril et princes sauveteurs, comme dans les histoires que je dois inventer pour ma petite-fille le soir pour l"endormir. Endormir ? Faire rêver ?

Univers flou qui mélange les genres littéraires autrefois bien délimités dans le temps et l'espace : le passé du merveilleux des châteaux côtoie maintenant le futur de la science-fiction des laboratoires, le tout relevé d'un peu du sel du fantastique . Comme disait je ne sais plus qui, le temps et l'espace sont abolis avec les nouveaux média : plus de limites définies, c'est peut être ça qui crée la déstabilisation et l'angoisse. Demain c'est maintenant et là-bas c'est ici. Donc, s'il n'y a plus d'exotisme dans la vie réelle, je dois m'en forger un, un ailleurs inaccessible. Besoin vital de l'inaccessible étoile.

Le problème est de savoir, THE question is : est-ce que la no life est pire que la yes life ?

"Y a pas que la vraie vie dans la vie "qui disent. Il y a aussi la fausse vie qui conduit à la non vie dans la vie ? Je crois que le danger c'est que la non vraie vie vienne remplacer complètement la vraie vraie vie, et surtout que le choix n'est plus possible quand est atteint un seuil de dépendance.

Pour se désintoxiquer faut-il faire une rupture totale et définitive comme quand on abandonne la cigarette ? On fume ou ne ne fume plus, pas de demie-mesure possible. Ou bien y a t-il moyen de consommer avec modération ? J'abandonne un site, puis un autre, jusqu'à ce que lentement je bascule de nouveau dans le réel.

J'avais quelque peu évoqué le problème lors de mes débuts de blogueuse quand je parlais du cercueil de verre dans lequel on se ferait facilement enfermer si on n'y prenait garde. A propos d'un lendemain de Toussaint, il y a mort plus désagréable certes, mais il y a une vie aussi, et tant qu'on n'est pas mort on a intérêt tout bêtement à en profiter et à la vivre.

Mais l'autre vie, la no life, est aussi pleine d'agréments, de surprises heureuses et de rencontres passionnantes, de suspense et de succès, sans conteste. Erreur des sens et illusion ?

Les éminents psy disent que le dédoublement de personnalité n'est pas si tant bon que ça; le quidam joueur cache son identité derrière un "avatar" (étymologiquement un dieu réincarnation de Vishnou) ; donc, avatar qui est un ersatz, un pseudonyme, un quelqu'un qui permet de circuler sur la toile incognito et impunément, qui peut se faire aimer dans un réseau d'échanges et de relations I.G. in game dans le jeu, mais non pas blesser IRL in real life, en réalité. L'internaute anonyme peut donner de lui-même n'importe quelle image, sous sa "skin" apparente. Mais à la fin il ne sait plus qui est qui. Suis-je moi, ou suis-je un autre ( "Je est un autre" disait le poète Rimbaud il y a plus d'un siècle de ça)

Revenons donc à notre novembre bien réel, les pieds dans la boue, la tête dans les nuages, avec les saules têtards qui se perdent et tordent leurs branches dans la brume fantasmagorique, les champs de betteraves qui se vident, la grisaille qui enveloppe le paysage de douceur, et dans la cuisine, le vieux poêle sur lequel la cafetière est disponible à toute heure. Une intensité de vie qui n' a pas d'équivalent virtuel.


Voilà pour le décor ; on peut aussi introduire des personnages dans cette histoire vraie.


samedi 1 novembre 2008

Impressions de Toussaint


4° et un brouillard froid, gris et mouillé qui vous donne envie de rester au coin du feu avec la bonne odeur du bouillon qui mijote.


Les fleurs sur les tombes familiales luttent de toutes leurs couleurs contre la morosité qui risque de s'installer.



Toussaint c'est le début de l'hiver, un hiver qui était encore plus froid encore plus tôt pendant notre enfance, sans blague.


Tous les ans on assistait à la messe dans l'église glaciale de Broxeele, le fief paternel, et tous les ans il gelait déjà, les carreaux de la 2CV étaient givrés quand on s'y rendait.


Ce n'était pas encore l'époque où les filles portaient des pantalons et les genoux étaient bleuis de froid entre les chaussettes haut tirées et la jupe plissée bleu-marine d'uniforme. Dans les gants on peut recroqueviller les doigts, mais l'impression de chaleur ne dure pas.


L'épître était inévitablement lue par l'oncle Félix qui énumérait : "12000 de la tribu de Juda, 12000 de la tribu de Siméon ..."Puis le curé lisait l'Evangile des Béatitudes en latin : " BeAte ...." en accentuant sur le A. Ensuite il montait en chaire pour faire son sermon, moitié français "pour les étrangers", moitié flamand - qu'on ne comprenait pas puisque nos parents nous avaient consciencieusement omis de nous l'apprendre.


On rencontrait tous les cousins dans le petit cimetière qui jouxtait l'église où l'on rendait visite à la tante Rachel qui était morte si jeune, quelle tragédie, au grand-père Louis, à l'oncle curé et tous les autres morts de la famille.


Puis chez grand-mère Julia, une immense table était dressée dans la salle à manger pour le petit déjeuner : café et koeke stut à volonté, ce qui nous menait presque à midi.

Sur le mur du salon, dans un cadre ovale les boucles blondes de la petite Lydie morte à 7 ans d'un coup de pied de cheval. C'était à la fois fascinant et terrifiant ces cheveux vivants sans leur propriétaire.


Parfois nous les filles nous restions jouer l'après-midi chez les cousines qui habitaient la ferme familiale.


LaToussaint c'était en somme un jour plutôt gai même s'il fallait le mériter en bravant la froidure du matin.




mercredi 29 octobre 2008

Docteur Grandissimus Internetus

Lundi 30 Octobre 2078. Client GCR 4759, tapez votre mot de passe...Numéro de carte bancaire.

Pas de consultation récente. Dernière prescription il y a six mois : Bonheurenzac, 3 gélules par jour à vie.

Approchez-vous de l'écran de votre ordinateur. Encore. Tirez la langue. Ouvrez la paupière gauche, la droite. Tension 14/8. Pouls 64. Respirez profondément dans le micro. Montez sur la balance. OK.

Quel est le problème ? Grosse fatigue ? Heure du coucher, du lever ? Réveils nocturnes ? Combien de copulation par mois ? Ah... Par trimestre ? Horaires de travail ? Composition des trois repas quotidiens hier? avant-hier ? Du sport ? Combien de séances par semaine ? Levez-vous. Reculez. Déshabillez-vous. Masse musculaire insuffisante par rapport à la masse graisseuse.

Suivre le régime alimentaire envoyé à l'instant dans votre boîte e-maladie. Trois demie-heures de marche par jour. Doublez la dose de Bonheurenzac. Reconnectez-vous dans quinze jours.


lundi 27 octobre 2008

A la Picasso * : la vierge et l'enfant d'un maître de la Renaissance italienne


Le bébé tombe dans le puits. La girouette l'a projeté vers un univers essentiel sans fond.

Il se promenait sur la route, la petite fille le portait dans ses bras. Mais des nuages ont troublé la fuite des jours et elle s'est cachée dans le moulin, à l'abri d'un inconnu trop prévisible. Le mur la protègerait de la tentation d'une échappée définitive. On ne peut faire abstraction aussi facilement de la solitude existentielle.

Là, les miroirs flottants des illusions se sont effacés, tandis qu'elle se fondait dans le temps.

Le bébé a poursuivi seul le chemin pendant un moment, lorsque devant lui s'est dressée une fontaine surmontée d'une girouette à l'effigie d'un aigle cruel. L'enfant s'est penché sur la margelle du puits.

*Picasso et les maîtres

vendredi 24 octobre 2008

Octobre


Huitième mois de l'année romaine, on comprend pourquoi oct-, comme sept- ou nov-, mais il a disparu quelque temps pour devenir partie Vendémiaire des vendanges et partie Brumaire des brouillards d'automne. (aujourd'hui c'est l'anniversaire du calendrier révolutionnaire, mis en place le 24 Octobre 1793)

Je trouve Octobre très beau en soi. Le mot, et tout ce qu'il évoque aussi. Beau et grave.

Octobre est original. Il se détache de tous ses copains en -embre qui l'entourent, avec ses deux 0 qui résonnent comme les échos d'un été finissant en un dernier éclat, avant de plonger dans les frimas. Parce que, tôt ou tard, "La brume viendra dans sa robe blanche" comme le chante joliment Francis Cabrel.

Bien sûr, Octobre fait penser à 1917 et l'espoir fou d'une Révolution qui aura mis des décennies à tomber en complète déconfiture.

Mais aussi cette même année de 1917, désespoir, révolte, refus de continuer à participer à la grande boucherie, et donc mutineries dans les tranchées de nos grands-parents de tous pays, alliés ou ennemis. D'aucuns parlent de couardise, de pleutrerie et trouvent justifiées les exécutions qui ont puni ces enfants qui refusent d'être de la chair à canon, en attendant que les Américains, cernés par les sous-marins allemands, n'aient d'autre choix que d'intervenir. On ne connaît pas le nombre exact de ces déserteurs ou mutins fusillés, c'est top secret jusqu'en 2017. Mais pour se permettre de porter un jugement moral sur tous ces événements, il fallait y être en vrai, pas bien au chaud à l'abri derrière des bouquins presque cent ans plus tard.




mardi 21 octobre 2008

Sac à main suite


Il porte bien son nom : c'est vraiment un sac à main, pas à épaule comme le prédécent.




Non pas le grand truc avachi qui est à la mode, mais plutôt le petit machin en cuir noir rigide (le pack de chewing gum est là pour l'échelle), il peut tenir debout tout seul et ne s'effondre pas en une masse informe quand on le pose.

Il a surtout valeur de souvenir, puisque c'est celui de maman qu'on lui a vu emmener avec elle pendant des années. Mais à part un mouchoir brodé qui est là non pour se moucher mais pour la parade et un poudrier, on ne peut guère y mettre d'autres babioles : trois pièces de monnaie pour les quêtes peut-être ? Sûrement pas le missel du dimanche ...Tout ça c'est du passé délicieusement démodé et vieux de plus d'un demi-siècle. Ah mais, quand même, maman planquait dans son sac son tournevis personnel, de manière à pouvoir en disposer quand elle en avait besoin, comme j'ai toujours dans le mien mon mètre à ruban.


Le sac est-il à l'image de la demoiselle Trottenville qui le porte ? Raide, strict, minimaliste d'une part ou cool, mou, opportuniste de l'autre ? L'élégante du siècle dernier ne devait pas le remplir d'objets indispensables à sa survie urbaine, sa sortie dominicale se réduisait elle aussi à un minimum social - ce qui la rendait précieuse, d'autant plus rare était-elle...






samedi 18 octobre 2008

Sacs à main

Il arrive que je quitte ma tanière pour des lieux plus fashion, ou que des personnes plus fashion viennent me rendre visite, surtout depuis que dans mes enfants se sont glissés des éléments féminins.


Je découvre alors avec stupéfaction les aléas parfois surprenants de la mode vestimentaire. Par exemple (je dis n'importe quoi, parce que je n'ai pas encore utilisé les 20 euros de réduction que la SNCF m'a offerts généreusement comme compensation d'une grève de l'an dernier, pour aller faire une virée à Lille et ses magasins) donc, par exemple si j'avais décidé de m'acheter une robe verte, je peux constater que 1 les robes ça ne se fait plus vraiment, c'est jupe ou pantalons, et que 2 vert c'est pas du tout à la mode cet hiver, alors je ne trouverai que des boutiques remplies de parme et safran ( là aussi je dis n'importe quoi, le sujet ne me touche guère.)


Ce qui m'a sauté aux yeux récemment, c'est le côté accessoires, les sacs à main des dames. Bon OK le mien a bien dix ou quinze ans d'âge et ça fait des noëls et des noëls que j'en réclame un autre. Mais enfin, il est encore opérationnel, pas de trou, tout au moins visible, et des fermetures qui marchent. Mais bon, les sacs de ces dames d'aujourd'hui sont des grands trucs avachis.




Or moi je suis tout le contraire d'un grand truc avachi. Donc ça ne peut pas marcher ensemble. Et comment s'y retrouver quand la structure n'est ni rigide ni rigoureuse ? Déjà dans les multiples poches de mon sac j'ai du mal à trouver le porte-monnaie chez le boulanger, il s'est toujours glissé au fin fond sous un tas d'objets, à moins qu'il n'ait fait une escapade derrière la doublure et se soit planqué là où on ne l'attendait pas. Dans quelle poche ai-je mis mon peigne? ma lime à ongle? mon carnet de chèques? mon mouchoir ? mon agenda ? mon appareil photo ? mes clefs ? mon téléphone ? mon ticket de métro ? mon MP3 ? mon petit carnet ? mes cig...chewing-gums ?


Et puis, surtout, comment garder en bon état un bouquin qui vous suit partout où vous allez, dans un récipient en cuir noble ultra souple et élé gant certes, mais pas ultra performant pour ce qui est de la protection des objets fragiles ?


mardi 14 octobre 2008

Au lit, pauvre malade !


Ainsi se terminait une histoire édifiante de notre enfance, pour éviter que nous jouions le malade imaginaire, celui de l'histoire, qui ne pouvait assurer toutes les corvées dévolues à un quotidien normal et donc se voyait aussi cloué au lit quand il s'agissait d'occupations plus ludiques, par une mère impitoyable :

"Au lit, pauvre malade !"


J'ai l'estomac tout retourné par l'excès de chocolat, à moins que ce ne soit un virus parisien de gastro-chose. Je tousse, j'ai le nez qui coule, j'ai perdu ma voix et je me sens faible, je crois que je fais de la fièvre. Et j'ai la rate qui se dilate...


Mais si j'arrêtais l'inflation et si je pouvais passer une seule journée sans évoquer du tout aucun de mes petits ou gros bobos, pour éviter de me créer une identité définitive de malade ?


Ou mieux : et si j'arrêtais tous les médicaments, ça signifierait que je ne suis plus malade, non ?



mardi 7 octobre 2008

... et faire...

C'est ainsi que tout Flamand de bonne souche termine chaque liste d'activités énumérées, que ce soit du passé, ou du futur, ou du présent indéterminé à valeur de vérité générale.

On a passé toute la journée d'hier à débarrasser le kotje à bois: trier, brûler, ranger, et faire....

J'ai promis à ma fille d'aller l'aider à retapisser sa chambre d'amis : c'est pas une mince affaire, on devra enlever le vieux papier, poncer les murs, peindre les portes... et faire...

Pour une femme, la journée n'est jamais finie. Elle commence au petit matin quand elle allume le feu, et après il y a le déjeuner à servir, les enfants à préparer, son ménage...Il y a toujours quelque chose et la journée se passe vite à bricoler, cuisiner, wassinguer, laver le linge et la vaisselle... et faire...

Voyons si ça marche pour des tâches moins bassement matérielles.

Niko Sarko ne chôme pas, lui. Il court d'un travail d'Hercule à l'autre, il est toujours en train de jaqueter, pérorer, blaguer quand il faut pas, menacer, promettre... et faire...

Non, ça ne marche pas vraiment. C'est pas un Flamand.

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dimanche 5 octobre 2008

Lectures hors saison

Je ne sais pas pourquoi je donne dans le même registre depuis quelques mois, je crois que c'est le hasard qui a présidé au choix de mes lectures.



Ça a commencé par le roman de William Styron Le Choix de Sophie, un pavé que j'ai acheté à une brocante de Champigny. C'est une atmosphère extrêmement pesante, et je dirais même malsaine. L'héroïne essaie de se reconstruire après son séjour à Auschwitz et le type avec qui elle vit plus ou moins n'est pas clair non plus pour ce qui est de l'équilibre mental. Bref ça ne se termine pas bien.


Ensuite j'ai entamé d'un coeur pas joyeux, Eichmann à Jérusalem par Hannah Arendt, qui traînait sur la table de nuit côté mâle - mâle qui avait lu la première partie du volume, celle concernant les Origines du totalitarisme, et qui m'avait dit que cette partie-là serait trop ardue pour moi et mes pauvres connaissances historiques. Ça ne se termine pas bien non plus pour le héros, si on peut dire. Encore que ...


Puis, pour me détendre, et parce que je venais de rencontrer l'auteur, j'ai plongé dans un roman policier de mon ami Dirck Degraeve Passé Mortel (Le Riffle) dont l'intrigue se déroule dans la bonne vieille ville des Dames aux chapeaux verts, sauf que là ça traite de vengeance tardive et d'attitudes pas très claires de la part de bourgeois de ladite ville pendant l'Occupation. Ici, on peut espérer quand même, au delà du fleuve de sang qui coule, voir se concrétiser un début d'amorce de commencement d'intrigue amoureuse entre deux policiers (enfin, dans les deux, il y en a une) Bref, j'attends la suite avec impatience, Dirck, si tu m'entends.


Enfin, toujours à propos de la même période historique d'une humanité pas très reluisante, on m'a offert pour ma fête des mères (mais le donateur l'a d'abord lu lui-même avant de me le laisser) un bouquin qui est à la mode depuis qu'il a obtenu le prix Goncourt en 2006. Il s'agit des Bienveillantes de Jonathan Littell, un roman très controversé, puisqu'il raconte la vie et les oeuvres d'un officier nazi qui a un poste de responsabilité assez important dans ce qu'on a appelé la solution finale, le tout écrit avec le plus grand cynisme. Sur les 1380 pages, je n'en ai lu qu'une centaine. Donc je ne peux pas encore donner d'avis, mais je crois que j'aurai besoin d'échappée, de bouffée d'air pur, avant de terminer la chose, fascinante, certes, mais qui met assez mal à l'aise.



mercredi 1 octobre 2008

Des voitures et des hommes


Ben oui, il se trouve que notre vaillante R21 a, elle, 14 ans, donc peut-être plus que le chien et le lave-vaisselle, ça dépend comment on compte.

Ce ne devait pas être la crise cette année-là.

Ah oui, je me rappelle. On a vendu toutes nos actions qui nous avaient rapporté à peu près le prix de la Titine. On sentait le vent venir. On se disait c'est trop beau, ça va pas durer, la Bourse va finir par s'effondrer à force de grimper. C'est drôle - ou plutôt ce n'est pas drôle - comme les bourses peuvent grimper et s'effondrer ; elles tombent parfois de haut et le petit ( pourquoi "petit" d'abord ? ) épargnant avec. Donc, ne voulant pas être les gogos du CAC 40, et très mesquinement, très mentalité petit bourgeois, pour ne pas prendre trop de risques, on a cassé la tirelire. De toute façon, cet argent était gagné de façon immorale, non ? Bon. Pas vraiment. Ne provenant pas directement de notre productivité personnelle, mais pas non plus d'une honteuse spéculation sans scrupules. On pourrait dire que c'était un placement qui aidait les entreprises à créer.

Wow. Pour une fois, une vraie voiture, avec des portières qui claquent "Vlang", pas un bruit de tôle de 2 CV "Cling" ou d' Ami 6 "Blink" qu'il faut faire attention parce que la rouille peut avoir atteint des dimensions aux conséquences néfastes quant à la solidité desdites portières.

Gris métallisé et une coupe que je trouve encore fine, élégante et racée - ayant toujours trouvé ridicules ces gros oeufs qu'on a faits en guise de voitures par la suite.

Oui mais les années passent. Et donc 16 ans de voiture, ça nous fait du combien d'âge d'homme ? Ah oui, ça se voit aussi aux kilomètres, comme les rides d'un visage mesurent la fraîcheur de la peau. Donc 333.582 kilomètres. Une bagatelle. Une vraie jeune fille.

Certes, des décorations en ferraille et caoutchouc manquent sur les côtés. De la rouille attaque cruellement une portière. Le pot d'échappement semble prêt à s'échapper comme son nom l'indique. Mais elle est toujours fidèle au démarrage, quelles que soient les conditions météorologiques, et elle m'emmène sans rechigner faire mes petites courses et grosses corvées par monts et par vaux. Sans compter qu'on peut y mettre n'importe quel matériau sans avoir peur de la froisser.

Si elle meurt, que vais-je devenir ? On ne peut pas comparer, comme disait maman, mais que le chien disparaisse, j'aurai du chagrin, oui. Pareil pour le lave-vaisselle - encore que, non. Mais elle, ma Renault ! Elle est devenue ir-rem-pla-çable.




lundi 29 septembre 2008

Des machines et des chiens

Si l'âge d'un chien s'évalue par rapport à celui de son maître en un savant calcul qui nous donne ceci :

soit X le chien et Y le maître

sachant que X a 13 printemps , et Y 59, il se trouve que X est plus vieux que Y et mourra sans doute avant lui, puisque 13 ans de X équivalent à 72 années de Y, si X pèse moins de 15 kg, autrement c'est 90, et X pèse plus de 15 kg

qu'en est-il des machines ?

Notre lave-vaisselle - qui avait des caprices tout féminins et voulait se faire mettre sur le dos après trois utilisations comme je l'expliquais l'autre jour ( vous suivez ou quoi?) mais semble en ce moment reparti pour une nouvelle jeunesse - a 13 ans lui aussi. Cela fait-il 90 en réalité puisqu'il pèse plus de 15 kg ? Et si oui, quelle durée de vie peut-on espérer pour un lave-vaisselle ? Peut-il devenir centenaire ? Son espérance de vie est-elle plus longue si c'est UNE lave-vaisselle et non UN lave-vaisselle, de même que les dames peuvent jouir de la vie plus longtemps que les messieurs d'après des statistiques intéressantes ?


samedi 27 septembre 2008

Economies de bouts de savon


C'est dans le sang. On nous a habitués ainsi depuis la tendre enfance. On est marqués pour la vie. On fait des économies, on ne peut s'empêcher de penser anti-gaspillage. Pas dans un but précis, ni pas peur du manque - bien que ce soit ce qui a sans doute présidé à l'habitude ancestrale qui nous a été transmise au fil des générations - mais c'est simplement un réflexe. On est incapables d'être dépensier. Une habitude intrinsèquement quotidienne, qui va se glisser dans des détails auxquels on ne penserait pas de prime abord.

Par exemple, me remémorant le bain sacré du samedi soir de l'enfance, je me suis rappelée qu'il fallait, avant de se sécher avec la serviette, le faire avec un gant de toilette tordu, de manière à, certes faire un ultime décrassage de peau, mais surtout économiser ainsi la serviette qui ne se trouverait pas mouillée entièrement avec un seul utilisateur et pourrait ainsi servir à plusieurs - manoeuvre tactique intéressante dans une famille nombreuse où pas moins de huit enfants s'alignaient pour profiter de l'hygiène moderne.

Vous avez dit moderne ? Eh oui. C'est ainsi que présentait la ferme familiale le magazine La Vie Catholique venu chez nous en 1949 faire un reportage sur cette entreprise des Flandres où le matériel agricole aussi bien que le domestique étaient d'avant-garde, paraît-il.



Cependant, il n'y avait pas l'eau courante encore. La baignoire ne se remplissait pas entièrement seule, de même que celles qu'on trouve maintenant dans les pâtures pour abreuver le bétail, là où les mares sont absentes ou insuffisantes. L'eau froide du puits qui se trouvait sous la maison arrivait bien au robinet, mais pour chauffer l'eau tiédasse procurée par le chauffage central, venaient à la rescousse des seaux d'eau bouillante pris dans le cuiseur à pommes de terre qui trônait dans la véranda.

Pour économiser (eh oui, encore) la manoeuvre ou l'eau, le bain se prenait donc par paire, puisque par bonheur nos parents avaient engendré un nombre d'enfants divisible par deux. Honneur d'abord à la paire de filles ( peut-être les moins sales?) puis la paire de petits, puis la paire de chasseurs, puis la paire de séminaristes. Ce n'est pas exactement ce qui se passe sur la photo, ne serait-ce que parce que la paire de petits n'existait pas encore, mais surtout, les journalistes ont déformé la réalité. En vrai, il y avait moins de désordre. On ne se trouvait pas à 6 en même temps dans la salle de bains, plus Pierrette pour officier à la cérémonie.

A la fin des ablutions, pyjama ou chemise de nuit, et interdiction formelle de retourner jouer dehors.

A moins que.... un samedi soir les parents ne reviennent d'un voyage en Hollande avec l'oncle Aurèle, le cousin Albert et l'oncle Néco, ce qui nous autorise à aller poser pour la postérité (coucou, la postérité) avec eux et la fidèle Pierrette, sur le trottoir devant la maison, bien propres, en chemises de nuit ou pyjamas, pieds nus, et surtout. surtout ... rentrez tout de suite, interdiction formelle d'aller jouer dehors..... on ne va pas gaspiller l'eau pour un hypothétique deuxième bain, non mais des fois.







jeudi 25 septembre 2008

Enterrement à W-C


On peut se dire qu'il est des lieux pires pour passer sa retraite et finir sa vie, et que ce WC est, ma foi, présentement assez indiqué pour en jouir sans réserve, même s'il est assez minuscule.

Puis on peut aussi se dire que le W qui a été le principal théâtre de mon activité professionnelle ne présentait guère d'ouverture plus avantageuse - bien au contraire.

On peut rêver de cieux plus exotiques, la Grèce, l'Egypte, l'Amérique latine, je ne sais pas moi, maints horizons illimités dans l'imaginaire.

Mais on sait aussi que le décor importe peu finalement. Le principal ce sont les rencontres. Il y a quand même des décors plus propices que d'autres aux rencontres.


lundi 22 septembre 2008

Inflation


Problème : si pour vider la fosse septique, le fossoyeur ( ah non, un fossoyeur fossoie les fosses pour les morts, il ne défossoie pas les fosses septiques), donc l'homme d'art a demandé 50 francs en 1978, et que celui de 2008 demande 150 euros pour la même tâche ( on admettra que le volume et la densité sont équivalents), quelle est l'inflation du coût de la vie en 30 ans , avec comme mesure étalon le kilo de m... ?



mercredi 17 septembre 2008

Des machines et des hommes


Vu la réputation de la gent féminine à faire preuve d'une certaine propension à être capricieuse, on se demanderait si toutes les machines ne devraient pas être appelées "elle".

Prenez notre lave-vaisselle, par exemple. IL a une fâcheuse tendance à ne marcher que quand il en a décidé ainsi, ce qui fait que généralement après trois fonctionnements impeccables, il refuse d'en faire un quatrième, à moins qu'on ne la ( oh pardon, le) mette sur le dos. Ainsi, il peut évacuer, paraît-il, le trop plein d'une boîte qui fait office de sécurité. Soit. C'est pas très pratique, mais ça marche.

Ou alors l'ordinateur qui n'accepte de se brancher sur Internet qu'après quelques subtiles manoeuvres délicates : cliquer sur l'avertissement "Il se peut que votre ordinateur coure un risque." (je me délecte à chaque fois du subjonctif "coure" : tous les informaticiens ne sont pas dysorthographiques) Ensuite fermer la connexion, puis recliquer sur l'avertissement. Autrement, que dalle.. Gratouillage par ci, tripotage par là, et c'est parti. Madame l'ordinatrice a ses fantaisies, point.

Bon, ainsi je rentre dans le stéréotype anti-féministe facile qui voudrait que les femmes ne sont pas logiques et fonctionnent uniquement sur le sentiment. Peut-être. Ou peut-être tout cela est-il savamment calculé pour faire marcher son monde.

"Ce que femme veut" disait François Premier...

mardi 16 septembre 2008

La cueillette des mûres et quelques péchés capitaux ou quelques vertus théologales et cardinales


L'impatience est un des handicaps majeurs à l'obtention d'une bonne récolte - puisque les péchés ne sont des péchés que parce qu'en réalité ils ont des conséquences tout matériellement et tout égoïstement néfastes pour le pécheur lui-même en tout premier lieu ; si l'on n'arrive pas à maîtriser son impatience et à se cantonner à un endroit de la haie pendant un certain temps mais qu'on veut aller toujours plus loin, vers un ailleurs qui devrait être meilleur, non seulement on n'est pas sûr qu'il existe, mais c'est un mauvais calcul parce que le temps perdu à galoper vers un improbable eldorado c'est tout ça de perdu pour remplir son escarcelle. A moins que, à moins que, effectivement, quelques mètres plus loin il y ait une incroyable moisson de mûres énormes et toutes juteuses qui n'attendent qu'un geste pour tomber presque d'elles-mêmes dans le pot que vous leur tendez.


Mais en général, la vertu paye et il vaut mieux opter pour la persévérance entêtée, prendre le temps de ramasser jusqu'aux tout petits fruits, ne pas faire preuve de gourmandise ni même d'envie pour le voisin qui a forcément un coin plus fructueux que le vôtre - croit- on.


Comme quoi les péchés et les vertus n'ont pas été inventés par hasard.


lundi 15 septembre 2008

Illusions, désillusions



Il est facile, confortable, et donc tentant, de se faire une image idyllique ou au contraire démoniaque des autres (surtout pris en groupe), de réduire une complexité difficile à appréhender dans tous ses composants les plus subtiles en une simple étiquette manichéenne. Par exemple, l'âme slave serait raffinée tandis que les occidentaux de l'ouest des grosses brutes épaisses. Sans doute besoin d'aimer, d'admirer d'une part et de détester, mépriser d'autre part. De ce fait, cela met dans une position de juge intouchable, garant et persuadé de sa propre valeur.


D'ailleurs, il suffit de creuser un peu, de gratter la surface, pour tenter de distinguer d'une masse informe adorée ou abhorée un individu unique, ou une somme d'individus uniques. Sous le label d'une espèce, on a tort d'enfermer tous les individus dans la même boîte à clichés. Mais ça c'est un autre sujet.



Ce à quoi je pensais en ramassant les noix et en cueillant les mûres cet après-midi : "mes" profs moldaves ou arméniens avec leurs mains noires de brou de noix comme les miennes aujourd'hui, avaient comme préoccupation première, avant l'accès facile à une culture idéalisée, la nécessité de survivre et de trouver de quoi se nourrir. Le matin, ils faisaient cours jusque 2h. L'après-midi, ils entamaient une seconde journée pour les récoltes et mises en conserve des légumes de leurs jardins, ce qui relativise quand même pas mal la hiérarchie des soucis quotidiens et remet à sa place véritable le concert ou le théâtre, hélas.

vendredi 12 septembre 2008

La Kultur avec un grand Q


Toujours dans la veine d'une rentrée nostalgique des pays de l'Est où j'ai passé deux courts automnes, je me revois dans les rues des capitales lors de calmes dimanches solitaires, cherchant une distraction convenable.

Curieux pays où la culture était réellement accessible au peuple, pour un prix dérisoire dans un décor somptueux.


Des fins de dimanches où le théâtre ou le concert s'ouvraient presque gratuitement à une population qui n'était apparemment pas issue de la bourgeoisie, même petite, même minuscule. Non, des pauvres, mais des pauvres propres sur eux et cultivés. Ici, plus à l'Ouest, on a plutôt une masse jouissante qui évoque tout le contraire.

Un ancien préposé à la culture de sa ville soumise aux Soviets me disait qu'il avait obligation de remplir la Maison du Peuple pour chaque spectacle, et pour ce faire il embauchait tous ses potes. Il n'empêche, le truc a dû marcher. Bon, on ne va quand même pas préconiser une tyrannie de la culture Non. Mais dans certains endroits occidentaux dits civilisés, reculés ou non, il y a aurait bien lieu d'éduquer la population. Comment? Point ne sais. On donne difficilement à boire à un âne qui n'a pas soif.



jeudi 11 septembre 2008

De la nostalgie et de l'héroïsme

C'est un bel automne. Ou une belle fin d'été. Qui fait revivre d'autres automnes, avec le même soleil qui réchauffe les feuilles avant qu'elles ne meurent, et la même douceur de l'air qui vous étreint après la fraîcheur matinale qui vous avait mis tous les sens en éveil.


Je me revois devant la villa Pouchkine à Chisinau, la capitale de la Moldavie, il y a ... eh oui, déjà quatre ans de cela. Un genre de datcha en bois en pleine ville, dans un quartier aux maisons calmes, construites dans un style qu'on pourrait qualifier de romantique, d'une taille raisonnable, mal entretenues, avec des herbes folles et quelques fleurs qui ont l'air sauvage sans en être.




Des maisons de campagne Pouchkine, j'en ai vu pas mal dans les Pays de l'Est. A croire que l'écrivain passait son temps à voyager d'une résidence secondaire à l'autre. Pas toujours à la campagne d'ailleurs. Du coup, tous les pays se l' attribuaient, avec des noms de rues ou de cols de montagne.




Pourquoi les nations éprouvent-elles cette nécessité de s'approprier un "grand homme" ( et rarement ou jamais une grande femme d'ailleurs) comme petit père de la patrie ? Ici comme ailleurs, outre le poète, il nous faut un guerrier. Ce sera Etienne le Grand ou Stefan cel Mare, (1457-1504), célèbre dans toute l’Europe pour sa résistance contre l’Empire Ottoman. Ou un autre Etienne, un Stepan arménien, héros bolchevique (il faut de tout pour faire un monde.)


Deux héros : un dur et un doux. Un soldat et un artiste. Le yang et le yin en somme. Nous, nous avons, disons De Gaulle et Voltaire ? (on a l'embarras du choix pour ce qui est des artistes, pour l'autre ce pourrait être aussi Napo ? Je ne suis pas sûre qu'on puisse en être fier)



Donc pourquoi ce besoin de héros ? Peut-être y a t-il transfert et identification : je suis, moi citoyen du pays, un peu le reflet de cette grandeur incarnée par un héros type ou plutôt deux héros ? Regardez bien : j'incarne un peu de leur aura. Si si.